Icefield Parkway
19-22/11/2013
La Icefild Parkway, une route de 230 km qui traverse les Rocheuses, de Lake Louise à Jasper 🙂 tous les campings sont fermés, quelques auberges de jeunesse jalonnent la route, il vient de neiger et on a hâte d’y aller 🙂
Sauf qu’on se rend vite compte que la route n’est pas déneigée. Après quelques kilomètres, on voit une voiture en travers de la route qui a tenté de faire demi-tour, on l’aide, avec 2 autres 4×4 qui nous suivaient, et finalement on décide tous de faire un demi-tour périlleux et retour à Lake Louise. On a plusieurs solutions, soit on reste à Lake Louise, Banff et Canmore, soit on fait un détour de 1300 km pour arriver à Jasper, ou alors on fait les warriors et on y va ! Si on reste bloqués sur la route, on a tout prévu, rations de survie, le plein de gaz, le plein d’essence, on est parés ! Et vu que notre première halte rando en raquettes n’est qu’à 16 km au début de la route, mais quand on est bloqué après 3 km, 16 km ça peut être long …
On se renseigne auprès du service de déneigement, et le gars nous dit que ça devrait être fait, sauf qu’il ne sait pas trop quand, peut-être dans une heure, priorité à la highway, et comme ça fait 2 jours qu’il neige…
Une heure plus tard … on se lance sur une route toujours pas déneigée, alors on réfléchit encore, on relativise et décide finalement d’y aller. C’est toujours la même galère que la première fois, si pas pire, parce qu’entre-temps, il continue à neiger. La technique pour ne pas rester bloquer fait un peu peur mais c’est la seule solution, ne surtout pas ralentir, pour le plus grand plaisir de Jeremy 😉 un petit coup d’adrénaline quand même car il y a UNE trace de voiture dans 50 cm de neige, à 40 km/h avec un char de 2.3 tonnes à vide mais plein. Comme dirait un bon ami à Jeremy »tracasse, ça passe », oui, mais pas tout le temps. Mais bon, quand on voit une voiture arriver en face, après avoir joué au dernier qui se décale, il faut bien sortir des traces, à nos risques et périls 😉 Premier réflexe, freiner, le truc à ne pas faire, freiner, alors on accélère parce que dans 50 cm de neige, on freine tout seul. Parfois ça passe, un peu juste, et puis parfois ça passe pas… Le problème, c’est que le camper, c’est pas un chasse-neige, il ne fait que s’enfoncer et juste accumuler la neige devant lui jusqu’à recouvrir le pare-brise, on ne sait pas où on va et on finit par être arrêté par le tas de neige devant. Premier réflexe, on n’est pas penché, donc on n’est pas dans le fossé, deuxième réflexe, sortir voir, quand on sait ouvrir la porte… et là c’est parti pour le déneigement. Si on a réussi à sortir de ce tas de neige avec une pelle (récupérée au fond d’une rivière à Canmore), on arrivera à se sortir de pire.
Et hop, on est repartis sur la route vaille que vaille.
Première rando magnifique, on fait la première trace dans la neige jusqu’au-dessus des genoux, pas super efficaces les raquettes 🙁 mais qu’est-ce que c’est chouette ! Mais encore un peu d’adrénaline quand on voit un panneau indiquant le sentier tout droit, et qu’on voit juste une large rivière plate, recouverte de neige, mais pas de pont ! Alors on s’aventure pas à pas, voir la solidité de la neige, la glace, et la rivière n’a pas l’air bien profonde, 20 à 30 cm à vue de neige. Mais c’est pas le tout de traverser, il faut retrouver le trail de l’autre côté maintenant. Quand la foret est dense, c’est facile de voir où il y a un chemin, mais quand il n’y a que de la neige ou des arbres et buissons épars, c’est beaucoup moins évident.
On finit par trouver le lac de notre destination, magnifique, mais on ne s’attarde pas parce que immobile, on se refroidit bien trop vite. On retourne donc au camper pour y passer la nuit. Chaque voiture qui passe s’arrête pour nous demander si on est bloqués, si on a besoin d’aide.
On se fait réveiller par un garde parc qui toque, et merde ! Bon, ça va, pas d’amende, mais on est fichés et on ne peut pas dormir sur la Icefild Parkway, pas de bol, on comptait y passer 2 semaines. Mais d’abord petit déj’, sauf que c’est pas si simple quand tout est congelé et qu’on voit le thermomètre dans le camper à -19°, ça refroidit 😉
Bon, on ne se laisse pas abattre et on repart pour une rando au Bow Lake, un peu plus facile la route, parce que la déneigeuse est passée cette nuit, il y a de la place pour une voiture. Un paysage à couper le souffle, il fait beau mais super froid, avec un petit vent qui balaie la neige sur le lac gelé. Comment vous décrire, on se sent au pôle nord, juste WAW !
On n’ira pas jusqu’au bout parce qu’on est trop occupés à admirer les couleurs du soleil qui se couche, la nuit qui arrive trop vite, et nos trace sont déjà en partie recouvertes par le vent.
De retour à Lake Louise pour une réorganisation et nouveau plan.
C’est reparti pour une petite marche à la recherche du Peyto Lake. Déjà on tourne pendant une demi heure pour trouver le début du sentier. Jeremy se sent un homme fort et veut montrer à sa femme qu’il sait y faire dans la nature, alors on part tout azimut. Blague à part, il avait envie de tester, pas de bol c’est raté, on a une carte, mais pas la boussole, et après 3/4 d’heure de marche à travers les sapins, on aperçoit les montagnes, mais pas les bonnes d’après la map. On décide de faire demi-tour, un des avantages de la neige, c’est qu’il n’est pas difficile de retrouver ses traces.
Ça c’était pour la matinée, ça commençait bien 😉
L’aprèm on se casse moins la tête, le trail est clairement visible, hourra ! Mais là aussi la nuit nous rattrape et on décide de rebrousser chemin.
On sera donc finalement à Jasper plus vite que prévu en faisant une halte dans un HI au milieu de la Icefield Parkway. Par souci d’économie, Jeremy, généreux comme il est, se sacrifie et dort dans le camper sur le »parking » et moi au chaud 🙂 Le gardien super sympa l’autorise quand même à rentrer manger, cuisiner, se réchauffer.
Au réveil Julie n’a pas trop mal dormi, et Jeremy ne comprend pas comment il a eu froid par -12° malgré toutes les techniques possibles et imaginables pour avoir chaud.
Petite visite touristique du Glacier Athabasca, mais là encore, on est les premiers à faire notre trace, et personne à l’horizon, un vrai bonheur 🙂 Alors que pendant la saison touristique, il y a un énorme bus, monté comme un 4×4 qui fait des tours sur le glacier, on ne peut imaginer pareil dénaturation. On se retrouve donc au pied du glacier Athabasca, et entourés de 4-5 autres glaciers suspendus, avec la lumière de la fin de journée, vraiment beau. On se retrouve devant une question d’éthique, marcher ou non sur le glacier, sachant qu’on est déjà pas censés pas se retrouver où on est. Notre conscience l’emporte et on revient par le chemin emprunté par des milliers de touristes.
On découvre Jasper de nuit, et la première chose qui nous frappe, ce sont les lumières. La Icefield Parkway est l’endroit avec le moins de pollution lumineuse, le choc en est d’autant plus grand.
Pour la suite, il faudra attendre encore un peu …
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