Icefield Parkway
19-22/11/2013
La Icefild Parkway, une route de 230 km qui traverse les Rocheuses, de Lake Louise à Jasper 🙂 tous les campings sont fermés, quelques auberges de jeunesse jalonnent la route, il vient de neiger et on a hâte d’y aller 🙂
Sauf qu’on se rend vite compte que la route n’est pas déneigée. Après quelques kilomètres, on voit une voiture en travers de la route qui a tenté de faire demi-tour, on l’aide, avec 2 autres 4×4 qui nous suivaient, et finalement on décide tous de faire un demi-tour périlleux et retour à Lake Louise. On a plusieurs solutions, soit on reste à Lake Louise, Banff et Canmore, soit on fait un détour de 1300 km pour arriver à Jasper, ou alors on fait les warriors et on y va ! Si on reste bloqués sur la route, on a tout prévu, rations de survie, le plein de gaz, le plein d’essence, on est parés ! Et vu que notre première halte rando en raquettes n’est qu’à 16 km au début de la route, mais quand on est bloqué après 3 km, 16 km ça peut être long …
On se renseigne auprès du service de déneigement, et le gars nous dit que ça devrait être fait, sauf qu’il ne sait pas trop quand, peut-être dans une heure, priorité à la highway, et comme ça fait 2 jours qu’il neige…
Une heure plus tard … on se lance sur une route toujours pas déneigée, alors on réfléchit encore, on relativise et décide finalement d’y aller. C’est toujours la même galère que la première fois, si pas pire, parce qu’entre-temps, il continue à neiger. La technique pour ne pas rester bloquer fait un peu peur mais c’est la seule solution, ne surtout pas ralentir, pour le plus grand plaisir de Jeremy 😉 un petit coup d’adrénaline quand même car il y a UNE trace de voiture dans 50 cm de neige, à 40 km/h avec un char de 2.3 tonnes à vide mais plein. Comme dirait un bon ami à Jeremy »tracasse, ça passe », oui, mais pas tout le temps. Mais bon, quand on voit une voiture arriver en face, après avoir joué au dernier qui se décale, il faut bien sortir des traces, à nos risques et périls 😉 Premier réflexe, freiner, le truc à ne pas faire, freiner, alors on accélère parce que dans 50 cm de neige, on freine tout seul. Parfois ça passe, un peu juste, et puis parfois ça passe pas… Le problème, c’est que le camper, c’est pas un chasse-neige, il ne fait que s’enfoncer et juste accumuler la neige devant lui jusqu’à recouvrir le pare-brise, on ne sait pas où on va et on finit par être arrêté par le tas de neige devant. Premier réflexe, on n’est pas penché, donc on n’est pas dans le fossé, deuxième réflexe, sortir voir, quand on sait ouvrir la porte… et là c’est parti pour le déneigement. Si on a réussi à sortir de ce tas de neige avec une pelle (récupérée au fond d’une rivière à Canmore), on arrivera à se sortir de pire.
Et hop, on est repartis sur la route vaille que vaille.
Première rando magnifique, on fait la première trace dans la neige jusqu’au-dessus des genoux, pas super efficaces les raquettes 🙁 mais qu’est-ce que c’est chouette ! Mais encore un peu d’adrénaline quand on voit un panneau indiquant le sentier tout droit, et qu’on voit juste une large rivière plate, recouverte de neige, mais pas de pont ! Alors on s’aventure pas à pas, voir la solidité de la neige, la glace, et la rivière n’a pas l’air bien profonde, 20 à 30 cm à vue de neige. Mais c’est pas le tout de traverser, il faut retrouver le trail de l’autre côté maintenant. Quand la foret est dense, c’est facile de voir où il y a un chemin, mais quand il n’y a que de la neige ou des arbres et buissons épars, c’est beaucoup moins évident.
On finit par trouver le lac de notre destination, magnifique, mais on ne s’attarde pas parce que immobile, on se refroidit bien trop vite. On retourne donc au camper pour y passer la nuit. Chaque voiture qui passe s’arrête pour nous demander si on est bloqués, si on a besoin d’aide.
On se fait réveiller par un garde parc qui toque, et merde ! Bon, ça va, pas d’amende, mais on est fichés et on ne peut pas dormir sur la Icefild Parkway, pas de bol, on comptait y passer 2 semaines. Mais d’abord petit déj’, sauf que c’est pas si simple quand tout est congelé et qu’on voit le thermomètre dans le camper à -19°, ça refroidit 😉
Bon, on ne se laisse pas abattre et on repart pour une rando au Bow Lake, un peu plus facile la route, parce que la déneigeuse est passée cette nuit, il y a de la place pour une voiture. Un paysage à couper le souffle, il fait beau mais super froid, avec un petit vent qui balaie la neige sur le lac gelé. Comment vous décrire, on se sent au pôle nord, juste WAW !
On n’ira pas jusqu’au bout parce qu’on est trop occupés à admirer les couleurs du soleil qui se couche, la nuit qui arrive trop vite, et nos trace sont déjà en partie recouvertes par le vent.
De retour à Lake Louise pour une réorganisation et nouveau plan.
C’est reparti pour une petite marche à la recherche du Peyto Lake. Déjà on tourne pendant une demi heure pour trouver le début du sentier. Jeremy se sent un homme fort et veut montrer à sa femme qu’il sait y faire dans la nature, alors on part tout azimut. Blague à part, il avait envie de tester, pas de bol c’est raté, on a une carte, mais pas la boussole, et après 3/4 d’heure de marche à travers les sapins, on aperçoit les montagnes, mais pas les bonnes d’après la map. On décide de faire demi-tour, un des avantages de la neige, c’est qu’il n’est pas difficile de retrouver ses traces.
Ça c’était pour la matinée, ça commençait bien 😉
L’aprèm on se casse moins la tête, le trail est clairement visible, hourra ! Mais là aussi la nuit nous rattrape et on décide de rebrousser chemin.
On sera donc finalement à Jasper plus vite que prévu en faisant une halte dans un HI au milieu de la Icefield Parkway. Par souci d’économie, Jeremy, généreux comme il est, se sacrifie et dort dans le camper sur le »parking » et moi au chaud 🙂 Le gardien super sympa l’autorise quand même à rentrer manger, cuisiner, se réchauffer.
Au réveil Julie n’a pas trop mal dormi, et Jeremy ne comprend pas comment il a eu froid par -12° malgré toutes les techniques possibles et imaginables pour avoir chaud.
Petite visite touristique du Glacier Athabasca, mais là encore, on est les premiers à faire notre trace, et personne à l’horizon, un vrai bonheur 🙂 Alors que pendant la saison touristique, il y a un énorme bus, monté comme un 4×4 qui fait des tours sur le glacier, on ne peut imaginer pareil dénaturation. On se retrouve donc au pied du glacier Athabasca, et entourés de 4-5 autres glaciers suspendus, avec la lumière de la fin de journée, vraiment beau. On se retrouve devant une question d’éthique, marcher ou non sur le glacier, sachant qu’on est déjà pas censés pas se retrouver où on est. Notre conscience l’emporte et on revient par le chemin emprunté par des milliers de touristes.
On découvre Jasper de nuit, et la première chose qui nous frappe, ce sont les lumières. La Icefield Parkway est l’endroit avec le moins de pollution lumineuse, le choc en est d’autant plus grand.
Pour la suite, il faudra attendre encore un peu …
On était sur la route nana na nanaaa
Voila, mais où se trouve ce fameux nana na nanaa où l’on est et où l’on va ?!
On est de retour du Parc National de Yoho ou on a pu avoir un petit avant gout de l’hiver canadien et de la neige qui n’arrête pas de tomber, pour notre plus grand bonheur 🙂 Alors là, du coup, on s’est rendu compte qu’aller faire des hikes sans raquettes à neige, ça devient un peu galère, au point de ne même pas savoir marcher 10 km dans 20 à 40 cm de neige. Alors petit retour à Banff pour arranger ça, et c’est reparti 🙂
On est pour l’instant entre Lake Louise et Jasper, sur la Icefield Parkway, pour profiter à fond de ses magnifiques paysages, de la neige à foison et aussi du froid à froison 😉
Ce qu’on peut déjà vous montrer, ce sont les photos de Yoho pour un petit avant gout de ce qui nous attend …
PS : on a un petit bug avec le blog, il nous joue des tours et nous fait disparaitre des photos, le fond d’écran et des bannières, ça doit être le froid 😉
Par contre, on a mit la carte au trésor à jour, vous pouvez donc maintenant aussi suivre notre périple sur Google Map, elle est actualisée chaque fois qu’on a internet.
Banff Mountain Film and Book Festival
26/10-03/11/2013
Nous y voilà au Banff Mountain Film and Book Festival !
Mais quesako ?! C’est un festival de films et de livres basés sur la montagne. Il y en a pour tous les gouts, de belles images, sensibilisations écologique, culturelle et historique, humour, grosses expéditions en montagnes et de préférence dans le froid, escalade, sports outdoor (vtt, parapente, kayak, bateau etc etc), études scientifiques, formations, expositions d’artisans, artistes (peintures, photos), exposants de grandes marques, jeux-concours et bénévoles !
Pour ce qui est des films (bien oui, on commence à être pas trop mauvais en Anglais, mais les conférences de bouquins, faut pas abuser quand même 😉 Il y avait au départ 380 films visionnés par le jury et au final, 89 retenus pour être diffusé au festival et un ultime grand gagnant, même si il y a plusieurs prix (meilleurs film d’expédition, environnemental, d’escalade, meilleur son etc etc).
Mais qu’est-ce qu’on fait là ?! on est certain que vous avez déjà une petite idée 😉
Ça fait 3 ans qu’on va voir le World Tour des films en Belgique, ce qui fait 2 heures de films une fois par an, un gout de trop peu. Alors, après avoir parlé avec Patrick Toby, organisateur du World Tour en Belgique, entre parenthèse, c’est en grande ou énorme partie, grâce à lui qu’on est ici, après nous avoir décrit l’ambiance des 10 jours du festival, au milieu des montagnes, le monde fantastique, l’énergie qui s’en dégageait, on était impatient d’y aller !
Notre impatience grandissante et notre arrivée approchant, on se renseigne sur les films à voir (la frustration de Jeremy de ne pas pouvoir tout voir) et les tarifs, et notre enthousiasme descendant tout aussi vite qu’un skieur au Denali. Pour le Pass Everest, full festival, c’est 2000 $ (oui oui, il n’y a pas un 0 de trop), alors on y réfléchi à 2 fois, et on se dit qu’être volontaire, ça peutt aussi être sympa, et ainsi avoir des films et événements gratuit. Malheureusement, on ne sait pas si on s’est inscrit trop tard, mais en tout cas, on a pas eu tant d’heure de travail que ça et donc pas tant de films gratuit que ça. On a droit à 2 long métrage ou une full journée. Bref, on a quand même claqué pas mal de tunes pour voir les films qu’on avait vraiment envie.
Être volontaire, c’est entre autre surveiller les poubelles et sensibiliser les gens au tri, c’est aussi prendre les tickets à l’entrée, et donc pouvoir voir le film 😉 c’est avoir accès à tous les films de 2012 pendant les heures ou on ne travaille pas, c’est un tirage au sort une fois par jour pour pouvoir gagner des cadeaux, notamment des place de ski à 50% (on en a gagné 9, on est donc OBLIGE d’aller faire du ski 😉 et on a encore gagné plein d’autre trucs, c’est cool d’être volontaire 🙂
Patrick Toby nous a dit que c’était en plein milieu des montagnes et de la nature, effectivement les montagnes sont à 360° et des cerfs se baladent un peu partout, même dans la ville et dorment dans les jardins des maisons ! on se croirait parfois dans un Disney, mais on n’a jamais retrouvé notre lit fait et notre camper rangé 😉 c’est peut-être parce qu’après les poubelles anti-ours, ils ont fait des portes anti-cerfs 😉
Pour en revenir à nos booktons et au filmstival, ce qui est sympa, et qu’il n’y a pas en Belgique (excepté Exploration du Monde), c’est qu’il y a la moitié des films ou il y a un Q/A (questions/réponses) après avec les réalisateurs et le plus souvent les aventuriers en question.
En vrac, on a vu entre autre :
Through ice and time (court métrage sur le temps qui passe à Jasper)
Tim Cope (10.000 km à cheval de la Mongolie à l’Ukraine en 3 ans) film On The Trail of Genghis Khan
Jonesy and Gamme: Antarctic Adversaries (expédition en Antarctique) film Crossing the Ice
I am red (un poème sur la rivière Colorado et sensibilisation de son importance, 4 min mais vraiment beau)
North of the sun (2 jeunes dans le nord de la Norvège, parti passer l’hiver pour construire une cabane et faire du surf)
Stand (on a aimé le message »construire un pipeline et rouler en voiture, ou préserver la culture amérindienne »)
Streams of Consequence (sensibilisation sur un chantier inutile et démesuré en Patagonie)
Cecilie Skog: To the Ends of the Earth (une femme qui raconte son histoire sur le Denali, le pôle nord etc)
Silbergeier (film marrant sur la grimpe)
STEPS – The Ride Greener Film (ça vous coupera l’envie d’aller dans les stations de ski, mais vous donnera l’envie de faire du ski tous les jours)
The Road From Karakol (un type tout seul à vélo qui fait de l’escalade au Kirghizistan)
Into the mind (long métrage pro, belles images, belle histoire)
En bref, on se régale et ça nous donne encore plus envie d’aventure !
Il y a aussi des trucs qu’on a pas eu le temps de voir et de faire, comme les work-shop gratuit de National Geographic qui apprend entre autre à photographier la nature, faire des récits et comment être sponsorisé par eux.
Entre deux films, on va faire une petite marche pour s’aérer les neurones (qui chauffent pas mal entre les films en Anglais et ceux en langue étrangère sous-titré en Anglais), bon, c’est vrai qu’entre un film de montagne et une marche en montagne, ça reste de la montagne. On part quand même faire le petit mont (2 heures) qui surplombe la ville de Banff.
Et le festival se fini en soirée de clôture à l’américaine avec tous les grands aventuriers. D’habitude c’est nous qui essayons d’aller parler aux gens de leur aventure, mais cette fois, c’est Jonesy qui vient parler à Jeremy de sa barbe 🙂
Je ne sais pas si c’est à cause du Banff Mountain Festival, mais le froid commence à s’installer ainsi que les 10 premiers centimètres de neige et les -10°, c’est déjà toute une aventure dans le van de voir ce qui gèle ou pas.
Sur ce, on vous laisse pour vivre notre propre aventure …
Retour à la liberté
15-16/10/2013
Retour à la liberté … pour nous, mais pas seulement.
Retour à la liberté, c’est l’introduction de la fin de l’article, donc comme on est au début, on vous en parlera à la fin.
Donc pour commencer par le début, on a été délocalisé du Lake Louise vers le Brewster’s Golf Course Ranch de Kananaskis à 100 km, mais quelle idée ?!
Alors pour moi je passe de guide de cheval à peintre dans un ranch-golf-resort. Et pour Jeremy ça change pas grand chose, sauf qu’il fait des travaux plus sympas et construit des enseignes en bois et se spécialise en réparation et remplacement de portes 😉
Bien, plus près de Canmore, moins bien la nourriture coute beaucoup plus cher, bien studio plus grand, moins bien fini le resto, bien plus de temps libre, moins bien trop fatigué pour en profiter, bien un four pour faire des quiches et des gâteaux, moins bien plus de chevaux, bien on est plus indépendant, moins bien je vois plus personne à part Janette qui me dit de repeindre les toilettes, bien Jeremy n’est plus tout seul, moins bien, les collègues sont pas cool, bien on a fini dans 3 semaines, moins bien on était mieux avant, bref on repart bientôt sur la route.
Un jour on était censé être off, mais le Boss nous a proposé de bosser. Au début on a fait mouais, parce qu’on dit pas au Boss qu’on bosse pas, et comme à son habitude, il n’explique rien. Tout ce qu’on sait c’est que l’on emmène 45 chevaux quelque part, que ça prend 2 jours et qu’il faut prendre nos sacs de couchage.
Jeremy appréhende un peu la journée parce qu’il est malade en voiture et qu’il n’a plus de médocs.
Rdv au ranch à 9h pour embarquer 2 chevaux (Spur, mon cheval guide et Little Grey que j’ai prit pour aller grimper) dans un trailer de 17, énorme ! Bon, comme c’est le Boss qui mène, on ne sait pas ou on va, ou on est, mais c’est beau. On croise des propriétés de 1,5 km de long sur 10 km de large, énorme ! Direction endroit A prendre des blocs de sel, direction endroit B pour prendre un groupe électrogène, direction endroit C pour laisser Spur et Little Grey et en prendre 14 autres pour aller à un ranch D ou on sort tous les chevaux et on les attache à l’extérieur du trailer. Et c’est là qu’on voit arriver 15 chevaux au grand galop encadré de 2 collègues. Le Boss me regarde et me dit » t’as vu lui comment il galope, et bien tu devras galoper plus vite que ça » (après 2 mois de boulot avec lui, il a comprit qu’il devait faire des efforts quand il nous parlait pour qu’on comprenne 😉 Alors là ma tête elle change un peu parce que je vois pas comment galoper plus vite.
On ne sait toujours pas ce qu’il se passe, on selle certain chevaux, les autres restent attachés, on en met d’autres dans un enclos, on mange à l’arrière d’un 4×4. Pendant le lunch je comprend que je vais devoir monter à cheval et Jeremy se demande ce qu’il fait là puisqu’il n’a pas de cheval. Ca commence à s’activer, on est une dizaine à monter sur nos chevaux.
Un cowboy devant, un milieu et les autres plus ou moins derrière. Le Boss libère les chevaux qui étaient dans l’enclos et ceux qui étaient attachés au trailer, on se retrouve avec 45 chevaux en liberté, et là c’est parti ! En route vers la liberté … On est go pour 2h30 de grand galop dans les plaines, les forets, slalomer entre les arbres, passer à flanc de collines, traverser des rivières et profonds marais, des montées et descentes raides, des sauts de troncs d’arbre et de ruisseaux, tout en gardant la harde rassemblée, pour finir dans un enclos dans une plaine au bord d’une rivière avec des lodges en bois. La meilleure ride que j’ai jamais eu, ÉNORME ! Et Jeremy qui arrive en 4×4 par un autre chemin quelques minutes après nous.
L’endroit dans lequel on vient d’arriver appartient à la Brewster’s Family depuis le début, c’est d’ailleurs leur grand-père qui a tout construit à la main et le Boss qui a construit à la main les lodges. L’endroit est magnifique, calme, une grande plaine, une rivière et les montagnes au loin, bien que pas si loin que ça. Il y a une grange, une petite étable, une petite maison sans eau courante ni électricité, une dizaine de lodges et un plus grand. Avec au début du terrain une cinquantaine de bouleaux de 20 cm de diamètre, qui ont été emportés par les castors, costauds les castors 😉
On déselle nos chevaux et je vois qu’on sépare certains chevaux pour les mettre dans un enclos beaucoup plus petit. Je ne comprend pas trop les critères de sélection, on me dit que ce sont les nouveaux chevaux qui ne sont pas encore marqués de la marque Brewster.
Alors comme on est chez les cowboys, on s’approprie les chevaux à la manière cowboy, et on apprend que la loi veut que les chevaux soit marqués au fer rouge pour prouver leur appartenance à un propriétaire. Il y a donc une quinzaine de chevaux à marquer. Pour la méthode employée, les photos parlent d’elle-même. Quant à nos sentiments par rapport à ça, c’est une autre histoire. Avec notre pensée d’européens de plus en plus anthropomorphique et protectrice, on était un peu choqué. On leur explique que pour nous c’est une manière barbare, qu’on comprend la nécessité de les marquer, mais qu’il y a d’autres moyens plus soft. Ils nous expliquent leur point de vue, les chevaux sont là pour travailler, tout ce qu’on leur demande, c’est de travailler les mois d’été et après ils sont 7 mois en liberté. Et le marquage, c’est moins d’une minute de brulure et que 5 jours de guérison dans toute la vie du cheval. Alors vu sous cet angle, on peut comprendre, mais il reste qu’on est pas d’accord sur la technique utilisée, mais la discussion était intéressante et apportait un nouveau point de vue.
On prend tous les chevaux un par un, ce qui n’est pas une mince affaire, ils sont tout excités par leur aventure, on leur donne un médocs, je n’ai toujours pas compris ce que c’était, et Jeremy apprend a les déferrer ! Ce que Jeremy peut en dire à la première impression : la technique est simple, tu mes la pince là et tu tord, jusque là ça va, mais ce qui n’est pas facile, c’est la force qu’il faut mettre pour déclouer ce fer. Les chevaux sont libres de gambader à la recherche de nourriture durant tout l’hiver. A l’époque, il fallait 2-3 jours pour les retrouver, maintenant, un hélicoptère est plus efficace, il dépose quelques selles, on attrape quelques chevaux et on rentre avec la harde (mais non Jeremy, pas en hélicoptère, à cheval).
Maintenant que le travail est fini, place aux loisirs des cowboys, le seul truc qu’il n’y a plus par rapport à l’époque de Lucky Luke, c’est le casino et les Daltons, mais il nous reste toujours les flingues et le saloon 😉 Alors comme on est avec des cowboys huppés qui font du golf. Il y a un gars qui swing une balle de golf, et un autre avec un flingue à pompe qui essaye de la dégommer en plein vol. Moi, perso, les armes c’est pas mon truc, par contre Jeremy, forcément, tout ce qui pète, il faut qu’il y touche, et il n’est pas mauvais, il a bluffer quelques cowboys. Mais il s’est aussi un peu fait avoir, un flingue à pompe ça a du recul, et quand ils lui ont mit des cartouches de gros calibre, ça lui a démonté l’épaule, il ne savait plus lever son bras. Ça a bien fait rire les cowboys. On est désolé, on a pas de photos à vous montrer, le Boss ne voulait pas de preuves compromettantes de leur cowboys’party 😉
Et dans Lucky Luke, il y a forcément des saloons, alors il y a en a un qui s’improvise ce soir là. Pas de danseuses de french-cancan, mais 2 amis du Boss qui nous jouent quelques airs de country. La soirée s’arrose de bière et d’un concours de celui qui a, non pas le plus gros flingue, mais le plus gros couteau ! On se demande ce qu’ils font avec des couteaux pareils. Et Jeremy a perdu, son couteau ne reste même pas planté dans la table, ce qui fait bien rire le Boss 🙂 A part cette situation atypique et qu’on a stéréotypé, l’ambiance est plutôt sympa et les discutions intéressantes, pourquoi en Europe construire des maisons en pierres, alors que en bois c’est tellement mieux ? Le Boss fait aussi un spitch pour remercier chacun de nous et nous surnomme »surprise » 😉 Petite explication peut-être ? En bref, je suis venue à l’entretien d’embauche et Jeremy était resté dans la voiture, ça faisait genre, on envoie la belle d’abord et le barbu après 😉 et pas mal d’autres raisons.
Alors maintenant comment vous raconter qu’on va dormir et qu’on se réveille dans un endroit aussi magique, la nature à perte de vue, les chevaux au loin, une petite neige tombée durant la nuit, une petite cabane, pas une route, pas un fil électrique, un silence serein. C’est tout à fait ce qu’on a mit sur notre présentation de notre blog, et qu’on a trouvé ici, on a qu’une envie, ne plus quitter cet endroit, mais notre route est longue et d’autres horizons nous attendent encore …
Les jours OFF on est ON
12-19/09/13
Bien oui, parce qu’il n’y a pas que le travail dans la vie 😉
Alors nos jours off, bien en fait, on fait la même chose que quand je travail, on va monter à cheval 😉 sauf qu’il n’y a pas de réveil et pas de clients, juste nous 2.
On en profite d’avoir des chevaux et des falaises pour aller grimper à cheval ! une première !
On est début septembre et il ne fait plus très chaud et c’est pas super pratique de se trimbaler le sac d’escalade sur le dos à cheval. Après une petite heure on arrive au pied des premières falaises devant lesquelles je suis passée de nombreuses fois, en profitant pour glaner des infos aux grimpeurs. On attache les chevaux à un arbre au pied des falaises et c’est parti 🙂
Bon, si jamais il y a un problème avec les chevaux, il faut trouver un système pour que l’assurer puisse laisser le grimpeur en plan et gérer les chevaux. En tout cas, les chevaux au pied de la falaise, ça attise la curiosité des marcheurs et grimpeurs, et on salue d’en haut quand on reconnait nos collègues passer en bas.
Longue voie de une longueur, mais quand même bien costaud, chaud chaud par endroit, on sent bien l’adrénaline ! Entre la dalle bien dalle toute lisse et le toit bien toit à angle droit, on est servi 😉
Ça c’était pour le premier jour off, pour le second, on décide de partir pour une rando à cheval de une journée, un itinéraire que j’ai jamais fait, direction Paradise valley. Avec un nom comme celui-là, ça ne peut être que bien. Et monter à cheval dans la Paradise Valley dans l’ouest Canadien, ça fait tellement cliché qu’on ne peut s’empêcher d’y aller. Alors, c’est parti pour l’aventure ! Les chevaux pas trop rassurés par un trail qu’ils ne connaissent pas et Jeremy qui a déjà mal aux fesses après 1 heure 😉 mais on s’obstine et on fait bien, les forets qu’on traverse sont belles, les paysages magnifiques, on traverse des rivières et on ne croise personne, le pied 🙂 Une fois arrivé au Annette lake, notre destination, on longe le bord du lac dans l’eau, et on fait bien attention que les chevaux n’aient pas peur et foncent dans le lac. Ça nous aurait pas déranger avec 20° en plus, mais là ça caille et on est à 4 heures de cheval de la maison. On en profite quand même pour trotter, c’est digne des images de films !
Petit arrêt pique-nique, rapide parce qu’il fait froid, tout en aillant peur de Jeremy qui gueule comme un possédé contre les chevaux qui essayent de se rouler par terre avec la selle sur le dos, au risque de la casser. On s’attendait à un pique-nique plus reposant,mais ça valait vraiment trop la peine. Surtout que ce n’est pas fini.
Au retour, comme on est tout seul, on en profite pour faire une course au grand galop ! bon, on est désolé d’avoir fait peur aux marcheurs, on pensait être tout seul 😉
Quand on fait la course comme ça, l’avantage en plus d’être super fun, c’est que le retour est plus rapide.
On a aussi bien aimé se balader au bord du lake Louise, là ou sont tous les touristes et ou on n’est pas sensé aller à cheval 😉 soudain il y a 50 touristes, dont 40 chinois, qui se retournent pour nous mitrailler en photos. L’air de rien, on ne pensait pas faire autant sensation genre défilé militaire, on retourne discrètement vers le ranch, sauf que Spur, le cheval de Julie fait un beau joli caca en plein milieu du chemin, alors on presse le pas et on en parle à personne.
Bienvenue chez les cowboys
25/08/2013 – 03/10/2013
Précédemment dans Flying2canada thaintainnnnnn
Après la traversée du Canada, l’expérience des falaises abruptes de Canmore et la découverte de la dangereuse nature de Banff musique suspens …
Dans ce nouvel épisode, la conquête de l’ouest !
Dans le rôle de :
Le boss : Kevin Stanton
Le wrangler : Jeremy
La cowgirl : Julie
Musique de John Williams
Mise en scène par Jeremy
Photographié par Julie et Jeremy
Écrit par Julie et Jeremy
S’il y a un boss, c’est qu’on est revenu au boulot, mais quel boulot !
Bon, on va faire durer un peu le suspens en vous racontant tout depuis le début – flash back flou-
Tout a commencé alors qu’on était à Banff, on a trouvé un Job Center, avec des petites annonces, des aides à l’emploi et tout et tout. Chercher un boulot, c’est bien, mais sans CV ça devient compliqué. Alors on nous aide gentillement dans la réalisation de notre CV et on regarde les offres d’emploi. On explique aussi notre projet de vouloir s’installer au Canada, on nous répond que le meilleur plan c’est d’être housekeeper (femme de chambre ou technicien de surface si vous préférez), pas super emballant comme boulot 🙁
Alors on trouve mieux, Julie voit une annonce de guide de cheval, et saute sur l’occasion pour envoyer un CV. Et Jeremy envoie des mails spontanés à toutes les compagnies de chiens de traineaux du coin. Après quelques minutes, Julie reçoit une réponse à son mail, après plusieurs échanges, rdv le lendemain à Lake Louise ! Et une raison de plus pour aller grimper à Lake Louise. -Petit accéléré jusqu’au rdv.- On me fait seller un cheval, première fois de la vie que je mes une selle western, mais je m’en sort pas trop mal, suffisamment pour avoir le job 🙂 Et même que Jeremy aussi ! en tant qu’homme de maintenance. C’est parfait, la vie est belle 🙂 et on a même une chambre avec salle de bain, la claaaasse. On est à deux pas du mythique Lake Louise, et on a vue sur la montagne qu’on voit tous les matins s’éveiller. Mais ce n’est pas un ranch comme on peut l’imaginer en Europe, non, ici on est bien de retour dans le farwest -flash back en noir et blanc dans les vieux films du farwest- Avec de vrai cowboy, avec le jeans, le chapeau et la chemise à carreaux, chiquant du tabac et parlant avec un fort accent, et certains font même du rodéo et sont des barils racer.
-Flash back dans le flash back- Les cowboys en question, c’est la famille Brewster, les premiers dans les rocheuses, arrivés en 1888. Au temps ou il n’y avait pas de route à travers les rocheuses, mais seulement un train, les gens de la haute société venaient passer du bon temps au Lake Louise, au somptueux l’hôtel Fairmont »Le château ». Et pour aller de la gare au château, Brewster transportait les gens et leurs bagages. C’est depuis lors qu’il y a une entente centenaire irrévocable entre la famille Brewster et Fairmont.
-Flou, retour au moment présent- Ça bosse quand même pas mal, levé à 5h50 et fini vers 17h. Pour Jeremy c’est réparer et fixer tout ce qui peut l’être, ranger tout ce qui est rangeable et aider les guides matin et soir à préparer les 30 chevaux.
Pour Julie c’est emmener des clients dans des randonnées à cheval, de 2h à une journée. Autant dire que c’est le job de rêve, payé pour monter à cheval tous les jours et recevoir encore en plus des tips (pourboires), suffisamment pour ne vivre que de ça ici. Bien oui, Lake Louise est super huppé, avec un gigantesque hôtel *****, mais un super service aux employés avec des bon repas pour 3 $ et des petits déj’ gratuit 🙂 c’est resto tous les jours 😉
Le seul hic, bien oui, parce qu’il y en a toujours, c’est une journée off par semaine 🙁 pas assez pour faire tout ce qu’on aurait envie de faire 🙁
Mais avec les chevaux, on découvre à quel point ce sont de grands enfants, mais qui nous impressionnent en voyant par là ou ils passent, en haut des montagnes, sur des moraines, des montées et descentes abruptes. Ici on passe dans des chemins ou même à pieds on ne peut admirer le paysage tellement le terrain est accidenté, et les chevaux passent la plupart du temps sans problèmes. Sans conteste des chevaux différents de ceux qu’on trouve en Europe, des chevaux de touristes. Certains chevaux ici ont plus de 20 ans et font toujours les petites randonnées, impressionnant ! Impressionnant aussi la facilité avec laquelle les chevaux passent les obstacles du terrain. Je pouvais même guider mon cheval avec un licol et une corde. Je rêve de faire de Zoé un cheval comme ça…
Et après la journée de boulot, on en profite pour aller faire une petite virée entre cowboys, parce que toute la journée au pas, c’est peut-être safe pour les clients, mais ennuyeux pour nous à la longue. On est dans un parc national, alors on est pas sensé ni trotter ni galoper, mais comme on est avec des cowboys, on fait les cowboys. Alors c’est parti pour un grand galop ! Qu’est-ce que ça fait du bien, pour nous et les chevaux. Ça se voit que ça leur fait du bien, ils galopent sur tous les terrains, dans la boue, la caillasse, en montée, et font même des étincelles !
Je ne me lasse pas des paysages que je vois tous les jours. Du Lake Agnes, le tea house le plus en altitude du Canada, on aperçoit toute la vallée et le Lake Louise au loin en bas. On fait aussi le tour du Lake Louise, magnifique et irréelle couleur turquoise et texture laiteuse, on passe au pied des falaises ou les grimpeurs me font envie, et on admire l’imposant glacier Victoria, changeant de jour en jours. Et si on pousse plus loin on peut aller en 2 heures au tea house de Plain of six glaciers, presque au pied du glacier Victoria, d’où on peut voir 6 glaciers, waw ! J’ai même vu une avalanche dans les premiers jours de neige. Bien oui, la neige est arrivée plus vite que ce qu’on pensait, mi septembre les premiers flocons tombaient et début octobre j’ai fait la dernière randonnée vers Plain of 6 glaciers tellement les trails étaient enneigés. Mais qu’est-ce que c’est fantastique de voir toute cette neige et les montagnes se recouvrir de jours en jours, et fouler à cheval dans la neige fraiche, sans bruit.
Banff, destination tant attendue
20-26/08/13
Après en avoir tant entendu parlé, nous y voilà ! Mais l’accès au Parc National de Banff est payant, alors à 9 $ par jour, autant payer le pass à l’année 😉
L’image qu’on a de Banff c’est le Banff Mountain Film Festival, que des gens passionnés de montagnes qui n’ont qu’un but en tête, faire les trucs les plus fous, et une ambiance super sympa, genre refuge de montagne.
Après avoir passé 2 jours à découvrir la ville essayant de retrouver tous les bons plans de Canmore, on se rend vite compte que c’est pas un bon plan d’avoir des idées et images préconçues de là ou on veut aller. En effet, pas d’eau gratuite, pas de douches faciles, pas de beaux coin ou dormir car c’est très surveillé, c’est super touristique, avec un nombres incalculable de boutiques de souvenirs et de resto, et tout est payant, même pour faire du backcountry (un site de camping, on peut planter la tente, il y a un espace pour faire un feu, un source d’eau pas loin et un endroit pour suspendre la nourriture à l’abri des ours). Bienvenue dans le tourisme mondain, on a d’ailleurs croisé quelqu’un qui nous disait que ça ressemblait à Chamonix, c’est pareil sauf qu’il y a plus de la moitié des gens qui ne viennent pas pour faire de la montagne.
En effet, on a découvert par la suite qu’il y a autant de tourisme »à l’américaine », tu gare ta voiture, tu marche de 100 m à 2 km, tu vois une belle montagne et tu retourne dans ta voiture. Mais il y en a aussi pour les alpinistes confirmés, les randonneurs adeptes du scrambling (hors des sentiers) et tous autres sports d’aventure. Alors, vu qu’on fait partie de cette catégorie, on commence par tester notre condition physique, durant 4 jours de hike en autonomie.
Waw, la route pour arriver au départ du trail nous rappelle ce qu’on est venu voir ici, des montagnes, et encore, on est pas au bout de nos surprises… On commence notre rando à vélo, avec les gros sacs, sauf que c’est un sentier de vélo montagne, pas facile avec nos vélos de mer du nord 😉 on décide de les lâcher plus tôt que prévu dans les bois et de continuer à pied, on les reprendra dans 4 jours s’ils sont toujours là.
Waw, découverte de Shadow lake, le premier lac sur notre route, trop beau, on se dit qu’on planterait bien la tente ici, mais notre envie de découverte nous pousse plus loin dans des petits sentiers à travers bois et clairières ou on aperçoit des traces d’ours qui n’ont pas l’air si anciennes que ça. Alors, avec une carte de touriste pas top de s’y retrouver, quand on croit y être, on en a encore pour une heure de marche, ne sachant plus si on est encore sur le bon chemin.
Waw, on y est à notre premier campement ! La nature reste telle quelle, juste quelques carrés éparses, plats avec des copeaux, idéal, une table faite avec les bois d’ici au bord de l’aire de feu commune, à côté de l’endroit pour suspendre les sacs. Entouré de montagnes, on se sent tout petit. Un étrange ciel rouge planait au dessus de nous, on apprendra par la suite que c’était un feu de foret, heureusement, provoqué et contrôlé.
Waw, un réveil de bonheur nous révèle un beau levé de soleil, et c’est parti pour le passage d’un col, une montée, une descente pour découvrir Egypt lake donc on nous a tant venté la beauté. Et bien franchement, on préfère les autres lacs qu’on a croisé. C’est peut-être du au gars au col et qui nous a dit que c’était pas loin, après 3 heures de marche, on se demande encore ou est le »pas très loin », à chaque tournant c’était l’espoir, et après chaque tournant on perdait un peu plus le moral. Et c’est sous une pluie débutante qu’on arrive enfin à notre campement. Après avoir monté la tente et s’être installé, on ne l’a toujours pas vu ce Egypte Lake, et on est quand même venu jusqu’ici pour ça, alors c’est parti pour 15 min de marche. Et bien, il est beau, mais pas autant que ceux qu’on a déjà vu. (mais tu l’a déjà dit ça Julie, et bien oui, je commence à me faire vieille). Mais bon, on fait quand même les touristes en prenant une petite photosphynx 😉 C’est pas tout ça, mais le besoin de prendre une douche commence à se faire sentir, et tant qu’à faire, pourquoi pas au bord du Egypte Lake 🙂 Autre truc sympa ici, pas besoin de faire bouillir l’eau avant de la boire, trop bien. Ah oui, et il n’y a pas grand monde ici parce que les chemins touristiques sont fermés à cause des 7 ponts détruits, mystère…
Waw, après une bonne nuit de sommeil bien mérité, demi tour vers Shadow Lake. Non, les beaux cottages en bois rond et le resto, ravitaillé par des chevaux, ne sont pas pour nous, snif ;-( Mais à 500 $ la nuit, on jouerait bien au lotto à notre retour. Direction le campement, ou il y a foule, ça nous change du peu de gens qu’on a croisés depuis 3 jours. Et puis rencontre d’un groupe de Belges, des flamands, qui n’honorent pas vraiment la Belgique en s’incrustant sans réservation à 8 tentes dans un camping de 4, pas cool ça les gars 🙁
Waw, réveil matinal dans le froid, et c’est parti pour notre dernier jour, direction Twins Lake et puis le parking. Sauf qu’on était sur la trace d’un ours et d’un ourson, ce qui nous a fait prendre le nord d’excitation, et une demi heure plus tard, et 1 km, parce qu’on marchait doucement sans bruit pour tenter de les voir, on se rend compte qu’on s’est planté de chemin. Allez hop, demi tour, tant pis pour les ours, l’objectif c’est la voiture parce qu’on a faim et on n’a plus à manger ! (d’où la chasse à l’ours) Et là le parking nous parait loin car on a pu ces trois derniers jours estimer notre vitesse de marche dans les rocheuses et bien, pas terrible, 2,5 km/h. D’ailleurs un petit arrêt s’impose pour refroidir le genou de Jeremy dans l’eau bien froide de Twins Lake. Nous voilà arrivé au parking, ou le but du jeu est de se faire prendre en stop pour rejoindre le parking ou on a laissé notre campeur. Après avoir pensé à diverses stratégies, par exemple Jeremy de dos qui se fait passé pour une fille 😉 Après 20 min on est finalement prit par une américaine bien sympa 🙂
Waw, le campeur et la bouffe ! Après une petite tartine au choco, on se rappelle qu’on a toujours les vélos à on ne sait pas combien de kilomètres. Heureusement on est plus rapide sans les sacs et une tartine de choco dans le ventre.
Waw, quelle aventure !
Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire maintenant ?
La suite au prochain épisode…
Canmore we can more
03-19/08/13
Nous voilà dans les rocheuses, Canadian Rockies ! enfin 🙂
Après avoir déposé Valentin à une station essence sur la highway qui traverse les rocheuses, direction Canmore. Mais pourquoi Canmore ? c’est simple, c’est le paradis de la grimpe dans les rocheuses 🙂 Une quinzaine de sites d’escalade avec plus de 100 voies chacun autour de Canmore, il va y en avoir pour tous nos tendons 😉
On commence avec le plus proche et celui qu’on nous a conseillé pour débuter, prendre nos marques, comprendre les cotations et les équipements. Direction Grassi lake, déjà la marche d’approche est sympa, 3/4 heure d’une bonne montée, de quoi s’échauffer les jambes au moins, en passant par des chutes d’eau et à la découverte du panorama. Le lac Grassi au pied des falaises est vraiment beau, ce sont deux tout petits lacs d’une eau transparente, au contours brun et le centre bleu-vert, autant dire qu’on a pas l’habitude de voir ça de part chez nous. Et quand on grimpe et qu’on le voit avec un peu plus de hauteur, c’est encore mieux, et on a une super vue sur Canmore. Il y a des roches très différentes, des dalles, des surplombs, des toits, des petits et des gros trous, des grottes, des petites réglettes techniques, le tout pas patiné et à côté de peintures rupestres, c’est vraiment sympa 🙂 et Jeremy se sent suffisamment en confiance pour grimper en premier de cordée, c’est le top 🙂
Après quelques jours et toujours pas un seul bobo, Jeremy propose l’idée de prendre un guide pour aller faire une grande voie en trad’ (pour les non initiés, c’est qu’on doit poser nous même tout notre équipement pour s’assurer, quand on a pas l’habitude, ça peut être un peu risqué). En en discutant, c’est plus le fait de faire une grande voie avec du gaz qui le botte, et ça, je sais l’y emmener 🙂
Bon, ok, on va commencer par la recherche d’un topo, parce que les photocopies de la bibliothèque ça va un temps. On a un topo avec que les voies sportives (déjà équipées, ce dont on a l’habitude en Belgique et en France). Ensuite c’est la recherche aussi d’un Reverso (un système d’assurage) pour Jeremy, qui a oublié le sien en Belgique 🙁 et que sa mère à re-oublié en Belgique (t’inquiète pas maman, j’en ai un tout neuf maintenant 🙂 Les 3 magasins d’escalade de Canmore sont en rupture de stock, pas possible 🙁 on regrette notre Lecomte bruxellois. On se décide à faire un voyage à la ville 😉 à Calgary (à 4000 km). Cette fois on est prêt, on peut y aller ! Julie a déjà répertorié toutes les grandes voies faisables dans notre niveau.
Direction Kid Goats, une heure d’approche avec des chemins pas super bien indiqués et un topo aux dessins basics. On fini par trouver notre voie et c’est parti pour 6 longueurs, environ 150 m 🙂 C’est un niveau facile, Julie relax, mais un Jeremy stressé pour sa première vraie grande voie, surtout quand il s’agit d’y aller en tête. Mais au final des supers souvenirs.
2 jours plus tard, c’est Nanny Goats, encore plus difficile à trouver, mais on fini par se lancer dans une voie un peu plus de notre niveau, un peu plus difficile, de 8 longueurs, pour 200 m 🙂 Jeremy qui était un peu déçu de ne pas avoir eu assez de gaz (le vide sous les pieds) la première fois, et bien il a été servi ! 😉 Dommage pour lui que le stress lui ait enlevé l’excitation et le plaisir de faire une grande voie.
Il y a un mont qui nous fait de l’œil depuis notre arrivée, le Ha Ling peak (ALTITUDE) 😉 on l’aperçoit depuis notre chambre, notre cuisine et notre salon, on a élu domicile à côté d’un lac. C’est le mont dominant sur la ville de Canmore, imposant de par sa taille, sa stature et ses pans abruptes. On est un peu déçu par la horde de touristes, mais ils nous ont quand même bien fait rire avec des chaussures de plage pour 680 m d’ascension, et leur question »c’est encore loin ? » on ne sait jamais quoi répondre, si on leur dit non, ils penseront y être dans 30 secondes et si on leur dit oui, ils risquent de faire demi-tour avant la fin 😉 Mais qu’est ce que c’est beau, la vue et la falaise plongeant à pic 🙂 Allez finissez vite de lire l’article pour aller voir les photos 😉 mais on sait qu’ils y en a qui trichent en allant voir les photos d’abord 😉
Les soirs, c’est douche à la rivière, avec la crainte d’être surpris par des randonneurs, et l’eau, on peut vous dire qu’elle est froide ! surtout quand il s’agit de se laver les cheveux. Alors on imagine des stratagèmes, la bassine pliante, le gobelet, faire chauffer de l’eau et emmener un thermos, le gant de toilette qui n’existe pas au Canada, par contre, la débarbouillette c’est leur truc. Après 3-4 fois on est rodé mais on est content de trouver d’autres entourloupes comme entrer en douce à la piscine ou au camping. On expérimente aussi les douches au van, avec une consommation record de 5 litres par douche. Alors après, la notion de propreté est relative, surtout quand on grimpe depuis 3 jours, déjà juste pour l’odeur, c’est efficace et agréable. Vous pouvez toujours essayer de prendre une douche froide de 5 litres chez vous et de voir le résultat 😉 Mais ce qui nous rassure, c’est que maintenant on sait qu’on peut prendre une douche économique et écologique, car ici aussi on trouve du savon de Marseille.
Il faut dire qu’on était bien à Canmore, les douches froides ne nous on pas refroidies, on a trouvé les bons plans pour dormir au bord du lac, avoir internet gratuit au centre sportif et d’info, l’eau gratos au centre d’info, avec des toilettes, un magasin bio, un magasin de matos de montagne de seconde-main, le tout dans une ville relax.
On est attentif à nos dépenses et se rend compte que la nourriture pour manger sain coute super cher, les fruits, les légumes, le pain, on en a pour 200 $ la semaine. Alors on se dit que nos économies vont vites fondre, on se met donc en quête d’un boulot, qui nous permettrait d’être nourrit, car c’est notre seule dépense. Mais avant de songer sérieusement à chercher un boulot, on songe sérieusement à profiter de Banff, dont on a tant entendu parlé, comme le paradis du sport aventure. On envoie donc des mails aux 7 workaway qui nous intéressent dans les chiens de traineaux et les chevaux, et direction Banff …
Yellowstone
30/07-03/08/13
Après 10 passages de frontières, une petite ville Red Lodge et une route de montagne magnifique mais qui grimpe limite trop sec pour notre camper, nous arrivons enfin dans cet endroit dont on a tant entendu parler mais dont on ne sait rien.
Effectivement, on ne sait absolument pas comment le parc fonctionne, même après être passé à l’accueil. Impossible de savoir ce qu’il y a à voir, quels sont les trails, si on peut dormir en camper, en tente, dans un camping ou non (quasi tous full d’ailleurs).
Mais après avoir payé l’entrée pour une semaine, on compte bien en profiter, dommage que Valentin soit pressé d’arriver en BC (Colombie Britannique), parce que nous on aurait bien pris notre temps, et notre camper était aussi de notre avis 😉
On avance un peu à tâtons dans le parc et tout ce qu’on voit, ce sont des dizaines de super mobilhomes gigantesques, avec des centaines, des milliers de touristes, et une autoroute qui traverse le parc. Puis, d’un coup, on a vu un BISON ! On est tout fous ! On sort de la voiture, on joue les touristes paparazzis, quand on détourne enfin le regard, on voit une horde de bisons, avec une horde de touristes qui les regardent. Il sont trop loin à notre gout, alors on décide de se rapprocher un peu, prudemment, parce que quand même, ça a de la gueule, c’est gros, tout poilu et ça a des grandes cornes ! Plus tard on se rendra compte qu’il est normal de voir des bisons ici parce que c’est leur milieu naturel de vie.
On finit par se résigner à aller au Visitor centre pour avoir des infos sur le parking, le camping, les trails, les trucs à voir. Alors on va voir le gars au comptoir, on lui demande des infos, ok, on revient lui demander des précisions, ok, on revient demander une carte, ok, on réfléchit, on revient se renseigner sur autre chose, ok, on change de plan, on revient encore, ok, Julie en a marre, va faire un tour, on ne la retrouve plus, on a trouvé un autre plan, on a retrouvé Julie, on lui explique notre plan, on se dit qu’on a tout, sauf une carte, on revient avec notre plan en tête, ok, on revient parce qu’on sait pas quoi faire, l’alternateur du van a lâché et on est bloqué sur place, on en a pour 2 jours à attendre, tous nos plans tombent à l’eau, bref, on est revenu au point de départ.
Le plan N’ c’est d’aller marcher 2 jours pour arriver au mont Washburn. Après avoir vu une vidéo de prévention contre les ours, dignes consignes des hôtesses de l’air, nous voilà partis.
En route d’abord pour un canyon, pas le grand du Nevada, mais grand quand même ! Il y a une chute, grande, pas autant que celles du Niagara, mais quand même, il y a un gouffre, l’impression que la terre s’est ouverte presque sous nos pieds, un vide abrupt de 330 m, c’est impressionnant ! Notre chemin s’éloigne des sentiers touristiques et des paparazzis, pour longer le canyon vers une nature toujours plus belle et de moins en moins fréquentée.
Après avoir quitté le canyon, le sentier se rétrécit, on passe par de magnifiques forêts, des clairières aux couleurs vert flash où on s’imaginait apercevoir un ours, on a guetté tout au long du chemin, en vain malheureusement.
Nos sacs à dos pesant quand même pas mal, on n’est pas mécontents de trouver notre campement pour la nuit, dans une petite forêt, à côté d’une clairière, avec une rivière pas loin. Un endroit où poser les tentes, à 40 m un endroit pour faire un feu et à manger, et à 50 m un endroit où suspendre notre bouffe, pour qu’elle ne devienne pas celle des ours, pour les besoins élémentaires, c’est à plus de 30 m du campement et enterré à 30 cm.
C’est incroyable de se savoir en pleine nature, ici on sent bien qu’on est parmi elle, plantes et animaux surtout, au milieu de la nature comme on l’a toujours rêvé. Ca change pas mal nos perceptions car il faut en permanence composer avec elle.
Après avoir monté les tentes, opération bouffe, parce qu’on a faim ! Au menu gastronomique de ce soir, un délicieux mélange de quinoa et boulgour et un ragoût irlandais, pas très ragoûtant ceci dit. Mais bon, on a faim, alors ça se mange.
Ensuite, c’est opération eau. Aller à la rivière, remplir la casserole, faire bouillir sur le feu, faire refroidir dans la rivière, mettre dans les gourdes et on recommence l’opération 3 fois pour remplir toutes nos réserves d’eau pour demain. Pendant ce temps-là d’autres s’essayent à la slackline, et après on s’étonne que les sacs soient lourds 😉 On va ensuite suspendre nos sacs et en route pour une bonne nuit de sommeil…
Julie est la première à se lever et aller guetter le sol à l’affut de traces de pattes d’ours autour du feu et de nos sacs toujours suspendus. On émerge tous les 3 pour un bon petit déjeuner de tartines au choco 🙂
Et c’est parti pour une bonne journée de marche où on sait que ça va monter sec ! Et effectivement, les canadiens ne font pas dans la dentelle, quand il faut monter, ça monte tout droit, et bam dans les jambes ! Le paysage est magnifique, dommage qu’il faille regarder ses pieds sinon c’est retour en bas plus vite que prévu.
Après quelques heures, à 100 m du sommet, on rejoint le chemin touristique, quelle horreur, presque une autoroute, on regrette bien vite notre petit sentier.
On profite quand même de la magnifique vue, on est sur le plus haut sommet de la périphérie centrale où l’on peut apercevoir le centre de Yellowstone, c’est un plateau qui est en fait une ancienne caldeira. Impresionamment grand ! Et comme il fait sec aux US on a une visibilité à 121 km.
Magnifique ! Une bonne descente azimut et un pouce plus tard, quand on revient, on a la bonne surprise de notre alternateur tout neuf et un camper qui roule.
Direction maintenant la vallée des geysers ! Bon, ok un geyser c’est une flaque d’eau qui crache et qui pue le souffre ou l’œuf pourri. Mais sur les 50 km de flaques on a vite changé d’avis ; il y en a de toutes les formes, de toutes les couleurs, de toutes les textures, avec un équilibre calorifique et une structure extrêmement mince. Ca pouvait aller du paysage lunaire, aux plages paradisiaques, aux colonnes de roche dont on a oublié le nom, ou crachant de la vapeur sous pression faisant un bruit d’avion, ou d’autres qui nous tenaient en haleine car crachant par intervalle de 1h à 14h, en espérant être au bon endroit au bon moment.
On s’est rendu compte de cet équilibre car il y en avait un qui crachait à 25m ne faisait plus qu’un tout petit crachat à cause de la chambre de pression obstruée par les cailloux jetés dedans. Et un autre dont les couleurs se tarissaient, dû au refroidissement, dû aussi aux cailloux qui empêchent l’eau chaude de monter. Il est vraiment beau d’observer toutes ces couleurs qui correspondent à des bactéries vivant à des températures différentes.
Pour tous les voir exploser, il aurait fallu passer 3 jours avec une organisation et un timing chronométré. Le seul qu’on a eu la chance de voir, c’est le Old Faithful qui crache toutes les 2h à 40m de haut ! Avec full people on se sent aussi des touristes. Et on se rend compte que tout ce qui est beau est exploité et touristique.
On finit notre visite de Yellowstone par un bon bain bien chaud ! Oui, une source chaude se déverse dans une rivière, il y a des petits bassins aménagés où il fait bon de s’allonger et de profiter.
Car nous aussi on vient voir ce qui est beau, donc aussi touristique, on est donc voués à se trouver tous dans les lieux touristiques. Il ne nous reste plus qu’à nous éloigner des sentiers battus et à découvrir la beauté naturelle et sauvage qui est aussi en équilibre précaire.
Big brother watching you
28-29/07/2013
Nous voilà donc rendus à la frontière des USA. On est passés ou pas ?! Eh bien oui ! Nous aussi, ça nous a surpris 😉
Vu tout le déploiement de force qu’ils ont fait avec le camper, on est vraiment surpris d’être passés ! Ils ont commencé à fouiller le camper à 3 personnes, puis à appeler une 4ème, puis comme si c’était pas assez, on a eu droit à une fouille avec le chien au cas où on aurait planqué de la drogue, puis un type en plus avec une petite valise secrète, on savait pas trop ce que c’était, puis il est ressorti, puis le chien est re-rentré, puis le type à la valise est aussi re-rentré, puis tout le monde est ressorti, tout ça pour nous garder nos oranges de Californie et nos kiwis du Mexique en prison à la frontière. On ne vous a pas pris de photos, on suppose que vous comprenez pourquoi 😉 Et pour ce qui est de la petite valise, là aussi on n’a pas osé demander, on suppose que c’était une caméra. Et la dernière phrase d’un type avant qu’on parte c’était du genre »on vous surveille ». Alors on commence à devenir paranos et se dire qu’il y a un émetteur gps, avec micro et désintégrateur instantané si on pète dans le camper.
Donc on reprend gentiment la route, direction le Parc National de Yellowstone 🙂
Le premier truc qu’on retiendra des USA, c’est que c’est grand, très grand. Les 5 premières routes, donc les 300 premiers kilomètres, tous les numéros de maison étaient à 5 chiffres, genre 42583, et sachant qu’il y a une maison tous les 200 m, alors là on se dit que la route est longue 😉
Mais Yellowstone, c’est pas tout proche ! Effectivement, quand notre gps annonce »tournez à droite dans 1010 km », on se dit que à 53 miles/h (85 km/h) on n’est pas arrivés !
En voyage, le plus difficile ce n’est pas de voyager, mais de faire les gestes simples du quotidien, se laver, dormir et aller aux toilettes, 3 choses qui, quand Big brother watching you, deviennent plutôt compliquées.
Pour ce qui est des toilettes, on croise quelques aires d’autoroute et un bord de prairie fait bien l’affaire.
Mais pour ce qui est de dormir, on savait qu’au Quebec le camping est interdit mais toléré, alors qu’aux USA le camping est interdit, et les américains sympas, on ne sait pas. Alors avec un camper qui fait 2m60 de haut et un paysage qui ne dépasse pas la taille du blé, les seuls endroits où on peut se planquer, c’est où il y a une centaine d’arbres ; malheureusement, ce sont les seuls endroits où il y a des maisons ! Après 8 km et 6 maisons on se résout à dormir LA, en endroit plus ou moins plat, entre la route et le champ.
Oui mais vous allez nous dire, avec tout ça vous n’avez toujours pas pris de douche. Et bien on a simplifié les choses au max, on n’en a pas pris ! C’est pas grave, les fenêtres ouvertes ça sentait bon le blé.
Après avoir traversé le Minnesota, le North Dakota, le Montana, on atterrit au Wyoming, au Yellowstone National Parc !
On the road …
23/07/13
Le moment tant attendu de quitter Montréal est arrivé, on crie notre joie et notre impatience ! 🙂
Mais pour aller où ?! Dans l’ouest évidement !
Mais on ne part pas seuls ! Après avoir mis une annonce sur un site de covoiturage, on embarque Valentin, un français de 22 ans qui va travailler à la cueillette dans la vallée de l’Okanagan.
Pour notre premier jour sur la route, on va de Montréal à Peterborough. Après l’autoroute la route est vraiment belle, on croise des maisons Amish, Jeremy est fan 😉
Après notre première nuit, direction le musée de canot de Peterborough. Bon, on hésitait vu le prix de l’entrée, mais une fois à l’intérieur, on a pas été déçus 🙂 Toute l’histoire du canot, avec une belle quantité de vraies antiquités, les différents modèles et modes de construction, les utilisations des premières nations comme ils disent, et des hommes blancs ensuite.
Après avoir repris la route et passé Toronto, une mégapole comme je n’en ai jamais vue. On ne s’arrête pas, rien qui nous intéresse. Par contre, petite halte aux chutes du Niagara, pour au moins se dire qu’on aura vu ça 😉
On ne s’attendait absolument pas à ce que ce soit entouré par une ville genre Las Vegas, hallucinant ! Néons dans tous les sens, manèges, foires, même les chutes sont éclairées en rose et jaune la nuit, c’est dingue, ça dénature la couleur verte naturelle.
Deuxième nuit à Niagara Falls.
Pour repartir vers …. les débats sont ouverts. La péninsule de Bruce ou pas ? Le ferry qui coûte cher (on a fait le calcul) et met plus de temps que la route, ou la route plus rapide, un peu plus longue, mais sans doute pas aussi beau que la péninsule dont Maude nous avait vanté la beauté ? On change plusieurs fois d’avis, et on se décide in extremis pour la Baie Georgienne et la péninsule de Bruce 🙂
On arrive enfin au bout de la route de la péninsule, à Tobermory on se dirige vers le dernier ferry de la journée, pour South Baymouth sur l’île de Manitoulin. Manitoulin est la plus grande île au monde qui se trouve sur un lac, et il y a aussi des lacs sur l’ile. On passe pour s’enregistrer 2 heures avant le départ, et le prix annoncé n’est pas le même que celui qu’on a calculé, mauvaise surprise 🙁 notre campeur, vu sa hauteur passe dans la catégorie au-dessus. On sait que sur le toit ce qu’il dépasse c’est une roue de secours, pas difficile de la mettre à l’intérieur, mais il y a aussi la clim’. Jeremy est décidé à la démonter ! Par prudence, on demande quand même au gars si ça passerait sans ça. Le gars, super fat, dernier ferry, dernière minutes de son service, autant dire qu’il vient nonchalamment nous dire que ça passerait, mais que ça se démonte pas. Soit, Jeremy est focalisé sur le démontage, et c’est parti, on s’active tous les 3 et étonnamment on finit par y arriver 🙂 du coup, on a trou dans le toit 😉 bon, on croise les doigts pour qu’il ne pleuve pas 😉
Julie se dit qu’avant le départ du ferry elle a tout juste le temps d’aller se baigner dans les eaux cristallines dont Maude lui avait parlé. Ouach, c’est pas si chaud… je finis par y entrer, nager un peu au large et même à y plonger des rochers 🙂 C’est vraiment beau cette eau, ces rochers par transparence, les hauts fonds et roches abruptes. Jeremy et Valentin viennent me rejoindre juste à temps pour un plongeon et on court pour avoir le ferry.
Troisième nuit à South Baymouth.
Une journée de route quasi non stop nous attend pour rejoindre Marathon. Mais pas sans intérêt cette journée. Alors que c’est Julie qui conduit, elle voit furtivement, à quelques mètres de la route, un orignal !!! 🙂 Je ralentis et dis à tout le monde dans la voiture qu’il y a un orignal au bord de la route. Jeremy, ni une ni deux, saute de son siège, prend ma place et fait demi tour, il s’arrête à quelques dizaines de mètres. L’orignal est toujours là, je saute de la voiture et m’approche doucement, il nous regarde tranquillement. Je continue à m’approcher doucement, il a l’air grand. Il monte sur la route, me fait face et fait un pas vers moi, c’est là que je me rends compte qu’il est vraiment grand ! Il continue de traverser la route, je fais de même, et après un dernier regard, il s’en va. Waw, trop génial ! 🙂
Et le lendemain, c’est reparti direction Port Frances, à la frontière entre le Canada et les Etats Unis, on espère qu’on passera. Mais sur la route, on fait une petite halte dans le Parc Provincial de Quetico, de quoi se dégourdir les jambes et prendre une douche 😉 C’est un énorme parc uniquement accessible en canot avec des centaines de lacs et rivières. Pas possible selon notre programme donc, ce qui ne nous empêche pas d’aller prendre une marche comme on dit au Quebec 😉 Et une marche bien mouillée ! Bien oui, depuis les 2 jours qu’il pleut, les sentiers c’est pas trop ça. Et puis il y a le décalage horaire aussi 😉 puisqu’on a passé un fuseau horaire 🙂
On dort à quelques kilomètres de Port Frances où on va passer la frontière américaine demain, mais on appréhende, entre les légumes et la viande qu’on vient d’acheter, la plaque d’immatriculation attachée à l’échelle arrière avec des colsons, nos petits bonshommes, nos nouvelles mascottes 😉 C’est pas gagné …
28 ans et toutes ses dents, et même encore plus …
14/07/13
28 ans, ça ne nous rajeunit pas tout ça… Peut-être que la sagesse vient enfin, avec mes dents de sagesse qui poussent pour l’instant 😉 Et pourtant, cette année, en ce jour, Jeremy a l’impression que j’ai 12 ans 😉
Alors cette année, qui dit lieu exceptionnel, le Canada, dit cadeau exceptionnel, et il est de taille ! Sans doute le plus gros cadeau que je ne me serai jamais fait. Certains le devinent, d’autres n’osent y croire, bien oui, j’ai acheté un cheval ! 🙂 ou plus exactement une jument, Zoé !!! et j’en suis dingue, d’où les 12 ans dans ma tête de gamine qui a un cheval dont elle n’osait plus rêver.
Eh oui, c’est une autre aventure qui va commencer. Pour l’instant elle reste à la ferme jusqu’à notre retour au Quebec ; ensuite, soit on parvient à rester au Canada, à prolonger notre visa, soit lors de notre retour en Belgique, je l’embarque avec, elle nage très bien 😉
D’un rêve à une réalité
03-14/07/13
Jeremy m’a dit depuis longtemps déjà que lorsqu’il était enfant, il a promis à sa mère de réaliser le rêve de sa mère (très œdipien tout ça 😉 de voir les baleines. Mais, est-ce qu’il n’y aurait pas des baleines dans le Saint-Laurent en été qui viennent se nourrir ? Mais si ! Allez hop, petite surprise de taille pour Myriam qui se trouve au Canada quelques jours après avoir réservé l’avion 🙂 Mais ce qu’il y a au programme, chuuut, c’est une surprise 😉
En attendant son arrivée on passe quelques jours à la Baie Saint-Paul, où on croise 2 gars qui font du stop pour être bénévoles à un festival de Folk ; on se laisse mener et on les rejoint pour le dernier jour du festival à Sainte-Rose-du-Nord. Du Folk ? Pas vraiment, on a découvert le Folk Sale, une sorte de folk de garage, très hétéroclite. Avec des groupes comme les Quebec Rednecks Bluesgrass Project. Avec des groupes et un public avec des gens pas mal débauchés, disons-le, et vivant en marge de la société ; on en a d’ailleurs pris 2 en stop avec leurs chiens.
Après cette petite parenthèse, on va chercher Myriam à Quebec. Au programme : visite de la ville sous une chaleur à la limite du supportable, mélange d’histoire et de modernité.
Deux jours après, on prend la route pour passer par les chutes de Mont-Morenci, waw, c’est vraiment impressionnant ! Au pied de la chute, impossible d’ouvrir les yeux et on en ressort aussi mouillé que si on avait été dessous 😉
Pour l’instant, ça ne fait pas très nature tout ça, et pourtant, il y en a de magnifiques au Quebec. Alors direction le Parc National des Grands Jardins pour lui faire découvrir les lichens inattendus et la grande diversité du paysage que l’on ne retrouve que dans les 2000km plus au nord. Puis c’est dans le Parc National des Hautes Gorges de la Rivière Malbaie qu’elle va grimper presqu’à bout de souffle jusqu’à un sommet avec une vue magnifique. Elle ne regrettera pas d’être montée jusque là 🙂
Ensuite direction la Baie Saint-Paul où il y a le Nautifest. Événement d’une journée qui promeut et fait découvrir le kayak, le kytesurf, le paddle … le tout gratos, cool 🙂 On se fait un petit essai de kayak de rivière avec Myriam. Puis nous on veut participer à l’initiation de techniques de kayak de mer. Cool on est seuls avec le guide 🙂 on apprend à s’équiper, transporter les kayaks, embarquer et débarquer, et surtout, chavirer et remonter 😉 Au final, on aura passé 3-4 heures sur l’eau 🙂
En quittant la Baie Saint-Paul, on passe par Sainte-Irénée pour une petite balade à cheval sur la plage et dans les bois, sur des Gros chevaux.
On poursuit vers Tadoussac, qu’on visite un peu, surtout la vue, avant de prendre un ferry pour traverser la rivière Malbaie et continuer pour arriver aux Grandes Bergeronnes, LE spot qu’on nous a conseillé pour avoir peut-être la chance de voir des baleines. On a décidé de la faire éthique et de prendre un guide et des kayaks pour 4h. Ca tombe bien, nous on s’est entrainés la veille, on avait tout prévu 😉 On a même eu droit à une dégustation d’oursins crus, fraichement pêchés. Au final, c’est 4-5 jours qu’on aura passés aux Grandes Bergeronnes. On aura vu des bélougas, des phoques, beaucoup de marsouins et quelques petites baleines et 2 grosses baleines ! Myriam envisagerait-elle d’acheter une petite maison au bord du Saint-Laurent ? 😉
Son voyage est presque fini et on va passer un jour à Montréal pour admirer la ville de nuit en surplomb avant d’aller dire un dernier au revoir à la ferme d’André. C’est aussi l’occasion de montrer à Myriam l’ambiance et la ferme où on a travaillé 3 mois et où on retravaillera sans doute cet hiver.
Le temps pour elle de reprendre l’avion est arrivé et pour nous aussi il est temps de continuer notre petit bonhomme de chemin…
De toutous à tout haut
17-29/06/13
En quittant la ferme, nous avons été rendre visite à une vieille connaissance de notre précédant voyage au Canada en 2009. On a été accueillis comme de vieux amis chez Jacques et Sylvie, comme si on ne s’était pas vu depuis la veille. On a profité de leur hospitalité durant quelques jours, et de leurs 12 chiens de traineau 🙂 on les a d’ailleurs aidés à soigner l’un d’eux gravement blessé. Quant aux autres, quand on rentre dans l’enclos, c’est la fête, ils nous sautent tous dessus, nous lèchent partout, surtout le visage évidement 😉 Ils sont vraiment beaux et extra, on est d’ailleurs partis en balade avec 2 d’entre eux. Petite mésaventure, on a perdu un chien. Vous avez déjà essayé de courir après un chien de traineau ? Eh ben, qui tente rien n’a rien, on a couru après, et résultat des courses, on l’a perdu. Heureusement, il est rentré tout seul.
Jacques avait du boulot, il finalisait la construction de la structure d’une yourte et terminait la construction de 4 traineaux à chiens pour un client. Et à partir de la mi-août, il rase la maison de Sylvie pour en construire une lui-même dont il a fait les plans. Il nous propose d’ailleurs d’être de la partie pour la construction, l’objectif étant qu’elle soit fermée avant l’hiver et finie au printemps. Malgré notre tentation de l’aider et, pour Jeremy, de construire une charpente de ses mains, on se doit de décliner l’offre pour continuer notre voyage et notre aventure.
D’ailleurs, sur les conseils de nos deux acolytes et compagnons de plein air, on va vers l’un de leurs terrains de jeu favori au Quebec, le Parc National des Grands jardins. Et effectivement, on n’a pas été déçus de leur conseil 🙂
On a découvert un paysage extrêmement varié en des temps records. En 10 min on pouvait passer d’une forêt presque tropicale, chaude et humide, puis une forêt de pins avec des gros blocs rocheux à la Fontainebleau, ensuite un plateau rocheux semi lisse. C’est aussi l’un des seuls endroits qui bénéficie d’un micro climat que l’on retrouverait normalement 2000 km plus au nord. Le paysage ressemble à la Taiga, assez sec et du magnifique lichen qui jonche le sol. C’est d’autant plus impressionnant après la pluie où le lichen se gorge d’eau et devient très spongieux, alors qu’on était étonnés de sa dureté, comme une éponge naturelle sèche. Il y a différentes espèces de lichens, on pourrait vous en citer 3-4 qu’on a pu observer, alors qu’un guide pourrait vous en citer plus d’une dizaine pour la même zone 😉
On a pu profiter de tout ça durant une rando de 5 heures, se terminant par le magnifique point de vue du Mont du Lac des Cygnes.
Après quelques jours on rejoint Maude et Louis-Philippe dans le Parc national des Hautes-gorges de la rivière Malbaie pour une rando au sommet avec une vue qu’on nous dit magnifique. Une météo très humide et chaude, un itinéraire qui grimpe pas mal, 800 m de dénivelé monté, un cours sur la flore de Louis-Philippe, et tout ça pourquoi ……. pour du blanc ! Merci Maude et Louis-Philippe 😉 Bien oui, quand on est dans un nuage ou à peine au dessus, tout est blanc ! C’est d’ailleurs assez impressionnant de se trouver au bord d’une falaise avec du vide blanc sous soi à ne pas savoir où est le sol. On se pose au sommet, en t-shirt, on enlève nos chaussures. Maude et Louis-Philippe n’en reviennent pas, à chaque fois qu’ils sont venus ici, c’était toujours doudoune ou polaire et veste tellement il fait froid et que le vent souffle. On imagine que le vent doit effectivement souffler aujourd’hui car les nuages dévoilent et cachent rapidement le paysage proche en arrière de nous. Après un casse-croûte, on amorce la descente qui nous semble plus longue que prévu.
Nos chemins se séparent à nouveau, alors que certains retournent vers le boulot, nous on s’en retourne à notre voyage …
Bye bye la ferme
17/06/13
Le temps est venu de continuer notre chemin, nous avons déjà trop tardé.
Il est temps de dire au revoir à André, merci pour ton accueil chez toi, même si tu ne t’attendais pas à nous trouver chez toi à ton retour du Mexique 😉
Au revoir Lucie, merci pour ton accueil à bras ouverts, ta bonne humeur, quand on passe te revoir on a l’impression que tu es aussi contente que de revoir de vieux amis.
Au revoir Céline et Nicolas, Christobal et Célia. Merci pour nos échanges, votre enthousiasme à toute épreuve. Merci pour ton implication Céline, merci pour ta neutralité Nicolas. Nicolas, on compte sur toi pour installer un cinéma IMAX 3D dans la grange à foin 😉
Au revoir Nadia, Shelsey, Leane, on a passé de bons moments ensemble dans la cuisine, à la vaisselle, ça égaie beaucoup le travail.
Au revoir tous les animaux, Chocolate, Amande, Henri, Zara, Doudou, Cannelle, Ulysse, Mistigri, Ombre, Pivoine et les autres, les ânes, les moutons, les agneaux, les chèvres, les chevreaux, les poules, les poussins, les lapins, les canetons, les paons, les chevaux, on ne va pas tous les citer, sauf Zoé, qu’on reverra bientôt, merci à tous de nous avoir appris à s’occuper de vous.
Un grand merci à tous, et les larmes de Julie en sont l’expression.
Foire de Ormstown
08/06/13
On nous parle depuis quelques jours de la foire de Ormstown, une foire typique de village typique, on ne peut pas ne pas aller voir ça 😉
Au programme, ce sont des manèges des années ’70, des éleveurs qui viennent présenter leurs plus belles progénitures, des vaches et veaux, des lapins, des poules, des paons, des canards, le tout bien coiffé, rasé, lavé, bichonné. Mais aussi un maréchal ferrant, une tendeuse et fileuse de laine, des démonstrations de calèches et chevaux de trait et d’autres disciplines équestres. Tout prête aux concours et aux prix, des expositions, des animaux, des gâteaux, des macramés, des tapis, des couettes, des dentelles, des tricots, des biscuits, des tartes , tout fait à la main par des gens typiques du coin.
La foire durant 3 jours, on a décidé d’y aller le samedi, d’abord pour Jeremy qui voulait voir des concours de »tracteurs pull », tracteurs, 4×4, camions et tondeuses modifiés devant tirer une lourde charge, cassant à l’occasion une pièce ou l’autre de leur moteur. Jeremy s’est aussi essayé au filage de la laine, il avait un bon coup de main, ça ne semblait pourtant pas si facile. Pour nous deux, démonstration de calèches allant jusqu’à 8 chevaux de traits, dont des belges, un belle prouesse de maîtrise.
Pour résumer cette foire, typique du coin 🙂
3 jours déconnecté
18-19-20/05/13
Pour les Boderi :
Ah, Orval, enfin ! 🙂 chaque année on l’attend celui-là, mais pour ma part, comme dirait André ‘dans le cul la balayette’. Et bien moi je me dis non, on va faire Orval made in Canada, avec le feu, le camping, les cacas dans les bois et les pensées à la famille.
Une fin de semaine de 3 jours, une météo plutôt bonne, 2 férus de canot-kayak, et un oncle bien sympa qui nous prête un canot double, tous les ingrédients pour une petite virée canot-camping au Lac sans bout, dans la réserve faunique de Mastigouche.
Nous voilà partis, bien organisés avec 2 voitures, avec sur le toit de Maude son kayak et sur le toit de Louis-Philippe 2 canots.
Au programme :
Premier jour, trajet de 2 heures et une 1/2 heure de piste de graviers, terre, roches de 20 cm, des trous, des petits cours d’eau, tout ça avec les embarcations sur les toits, bref, un vrai safari 😉 Une fois arrivés, chargement des embarcations, direction une petite île au milieu du lac à 2 heures de pagaie. Chouette, le vent souffle dans notre sens, un vrai plaisir 🙂 Installation du campement et soirée au bord du feu. Pour Louis-Philippe, c’est la recherche de sa géocache qu’il a laissée quelques années auparavant, sauf qu’il ne sait plus où elle était 😉 Il finit par se résoudre à se dire que quelqu’un l’avait prise. Alors, on n’a pas vraiment fait attention à ce qu’ils ont mis dans leurs barils, et c’est là qu’on découvre la notion toute différente de ‘camping’. Pour nous, c’est poids et encombrement minimum, pour eux, c’est les canots qui portent et on ne se refuse rien 😉
Deuxième jour, un bon petit déjeuner pour commencer, avec du gruau aux fruits rouges, pomme cannelle et des oranges, le luxe pour nous. Départ le matin avec un vent dans le dos, magnifique 🙂 sur un lac encore calme, étroit et sinueux avec îles par-ci par-là. C’est parti pour l’exploration du lac et surtout la recherche du bout du Lac sans bout. A force de remonter une petite rivière qui se déverse dans le lac, on a fini par le trouver le bout, on ne pouvait pas continuer, car on a bien essayé de remonter les rapides, mais c’était peine perdue. Contents d’avoir trouvé le bout du lac sans bout, on revient à notre camp de base pour un petit cours de pèche à la mouche avec Louis-Philippe, où Jeremy sera le seul à pêcher un poisson 🙂 Louis-Philippe passe une partie de la soirée à chercher où cacher la géocache qu’il a prise avec lui, avec des allumettes, du papier, un crayon et un petit couteau.
Troisième jour, un petit déjeuner digne d’un camping ***** avec des crêpes que Maude s’occupe de faire cuire, avec du miel, du sirop d’érable, beurre de peanuts, un vrai délice d’autant plus apprécié en camping 😉 Jeremy part marcher pendant près d’une heure et demie, sur les traces d’un caribou, malheureusement sans en apercevoir. On remballe notre campement et direction le retour aux voitures et le chargement de celles-ci. Mais on a faim ! après moult discussions, c’est direction un Saint-Hubert, le roi du poulet, une première pour nous, on n’a pas été déçus 🙂
Avec Maude et Louis-Philippe, une sortie plein air finit toujours par une bonne bouffe 😉
Portes ouvertes
05/05/13
Après avoir travaillé plusieurs jours à redonner à la ferme un semblant de renouveau visuellement réussi, aujourd’hui ce sont les portes ouvertes !
Il fait 35 degrés, une chaleur à la limite de l’insupportable…
Julie est à l’équitation et met des enfants sur les chevaux toute la journée, sans un petit coin d’ombre 🙁
Pendant que Jeremy se trouve entre l’étable et la cour aux animaux.
Programme de la journée : accueil, découvertes et divertissements des visiteurs québecois, qui comme à leur habitude voient qu’on est pas du coin et nous parlent de découvrir le Québec. On le redit encore, mais ils sont vraiment chouettes ces québecois 🙂
D’après Lucie, il n’y a jamais eu autant de monde, près de 800 personnes, un beau record pour la ferme.
Les photos parleront mieux que nous de l’ambiance qui régnait ce jour là …
Baby boom
18-27/04/13
On vous rassure tout de suite, ce n’est pas Julie qui est enceinte, ouf !
C’est plutôt un peu tous les animaux de la ferme qui ont donné naissance.
En commençant par les chèvres … D’abord, on ne savait plus trop quelles chèvres allaient dans quels enclos (on savait qu’il y avait 3 gestantes, mais on n’avait pas encore l’œil). Au retour de Nico, on se rend compte qu’une chèvre n’est pas à sa place. Et voilà que le soir même, il y a la première qui met bas de 2 chevreaux, qu’on voit naître en life ! Nos premiers chevreaux, c’est troooop cuuuuute ! C’est fou ce que ça ressemble déjà à une chèvre, les sabots, la tête, les poils. Super, la mère s’en occupe bien, ils sont déjà debout après moins d’une heure.
Deux jours plus tard, une deuxième donne naissance à 3 petits. Et c’est là que les jours vont se rallonger. Effectivement, elle ne laisse pas téter ses petits (il faut dire aussi qu’une chèvre n’a que 2 mamelons). On essaye de stimuler les petits, de calmer la mère, on sait combien le premier lait est important pour la croissance et les premiers apports nutritifs. Rien n’y fait 🙁 On se résout à attacher la mère et pousser les chevreaux vers les mamelons. Ca ne fonctionne toujours pas. Peut-être a t-elle trop de lait et que ça lui fait mal, alors on s’essaye à la traire. Julie semble plus douée que Jeremy 😉 Malgré ça elle ne les laisse toujours pas téter 🙁 Dernière solution, traire la chèvre et donner le lait en biberon aux 3 chevreaux. Ca peut avoir l’air simple comme ça, et bien on peut vous dire que ça ne l’est pas ! Entre attacher la chèvre, d’abord stimuler les petits qui s’affaiblissent, traire la mère, tenter de donner le biberon avec les petits qui braillent, ce qui nous prend à peu près une heure, et qui est à refaire toutes les 2 heures ! Dernière tournée à 23h et c’est reparti à 6h. Alors oui, c’est super mignon de se dire qu’on a donné le biberon à des chevreaux pendant 2 jours et qu’ils seraient peut-être morts sans notre intervention, mais c’est de l’énergie ! Imaginez notre joie quand 3 jours plus tard ils ont tété tout seuls pour la première fois. Je vous avoue qu’on avait notre petit chouchou, Tachu, qui venait téter la barbe de Jeremy pensant que c’était sa mère 😉
Trois jours plus tard, on est toujours aux aguets pour la dernière chèvre qui doit encore mettre bas. Quand on repasse par hasard dans l’étable, une heure après notre dernier passage, elle lèche ses petits. Elle en a eu 3, mais un est décédé parce qu’il est resté dans la poche de placenta et n’a pas su respirer. On appelle Céline d’urgence, qui déchire la poche, mais il est trop tard 🙁 peut-être la nature fait-elle bien sa sélection naturelle… Contents de voir que la chèvre s’occupe bien de ses chevreaux 🙂
Mais ce n’est pas fini ! on a aussi eu droit à plusieurs portées de chatons, qui eux sont vraiment mini mini. Avec les questions de laisser ou non la mère les emmener à l’abri, les autres chats qui peuvent les confondre avec des souris qu’ils chassent. On essaye de retrouver les chatons avant qu’ils ne deviennent des chats sauvages. Et c’est là aussi qu’on s’empêtre dans des traitements de leur infection aux yeux, dont on ne semble pas sortir 🙁 Et on se retrouve au final avec une dizaine de chatons, qui deviennent de plus en plus mignons 😉
Il y a aussi eu la naissance de lapereaux. Une portée est morte, on ne sait pas pourquoi, peut-être que la mère n’a pas su bien s’en occuper. Une deuxième portée de 3 se portent bien, et les lapereaux deviennent aussi cute 😉
Et la troisième portée, un lapereau sur deux est mort, on ne sait pas non plus pourquoi 🙁
Et comme si ça ne suffisait pas, la ferme a acheté une quarantaine de poussins, 4 canetons de quelques semaines, une vingtaine de canetons de 2 jours et 2 petits cochons de lait, Roc & Roll !
Ca en fait du monde à s’occuper !
Vous l’aurez compris, on ne s’ennuie pas à la ferme d’André…
GO HABS GO !
19/04/13
Notre premier match de hockey, à Montréal avec les Canadians vs Tempa Bay! 🙂
Ca commence forcément par la recherche de billets. Alors là, waw, le prix des billets est complètement exorbitant ! Les moins chers, c’est 60$ et ça peut monter jusque plus de 300$, c’est complètement dingue !
Bon, donc, la recherche de billets, sur le site officiel, plus moyen d’avoir des places côte à côte. On se met donc à rechercher sur kijiji et ebay, avec un prix max de 70$ par personne. On finit par trouver, on se donne donc rendez vous au boulot du gars pour avoir les places du match du soir même. Déjà le gars ne répond pas à son téléphone, on ne le trouve pas. A force de demander à tout le monde, Julie finit par voir son père, qui téléphone à son fils, qui m’explique qu’il a dû y avoir mauvaise compréhension parce qu’il a déjà vendu les places. Ok, pas cool 🙁 Il dit avoir des places pour le prochain match, il nous envoie les billets électroniques et on fait un virement « par Email »!! parfait 🙂
Nous voilà donc avec nos places en main, on ne sait pas si ce sont des fausses, si on va rentrer ou se faire refuser. On prend le risque.
Le soir même, pour trouver une place de parking, c’est galère, on finit par payer un parking. Un petit creux ? Direction Tim Horton pour 12 muffins hummm 🙂
Bon, on ne sait pas tout manger avant de rentrer, et on ne peut pas rentrer avec de la nourriture, alors on réfléchit et on planque dans les manches de la veste de Julie 😉
On entre dans la salle, c’est impressionnant ! On trouve nos sièges, troisième rangée avant la fin, ça fait loin, mais on n’avait pas les moyens de se payer autre chose.
Quand on voit tous les gens en bas, et le prix qu’ils ont dû payer, on se dit que c’est pas possible.
Il y a une forte énergie dans la salle et on sent bien tout l’attachement des canadiens au hockey sur glace, avec le patriotisme en plus, un bon cocktail 🙂
A l’américaine, tout est grand, tout est fort, tout est haut en couleurs, des écrans géants, des pubs flash, un public qui gueule, des pompom girls, des canons à t-shirts.
Les Canadians sont accueillis sur la glace avec un tonnerre de cris et d’applaudissements, on est emporté…
Le match commence, on voit à peine le puk, on voit juste les joueurs qui se déplacent dans une direction ou une autre et le public crier. Les équipes sont toutes les 2 bonnes et se défendent bien. Tempa Bay marque le premier but juste avant la fin de la première période. Les Canadians égalisent à la deuxième période et les adversaires marquent peu de temps après. C’est le suspense durant toute la troisième période, les Canadians ne peuvent pas perdre ! Ca se bat fort, les pénalités se distribuent, avantagent et handicapent.
Et les Canadians finissent par marquer à 2 minutes de la fin du match ! 🙂 et là c’est la folie intégrale, c’est génial, tout le monde crie, saute, danse, on est émus …
Ils savaient que nous dirions d’acc pour les Adirondacks
14/04/13
Aujourd’hui, passage de la frontière pour aller aux USA, dans les Adirondacks, un parc national magnifique vallonné de monts de 4300 pieds saupoudrés de neige et accompagnés de nos deux joyeux lurons top shape, Maude et Louis-Philippe.
On se donne rendez-vous juste avant la frontière et on part avec la voiture de Maude (on ne sait pas si notre camper passera avec notre plaque accrochée avec des tyerapes 😉
A la douane, notre passeport belge éveille la curiosité et hop, direction le contrôle plus approfondi et la fouille de la voiture, super 🙁
On ne comprend presque pas un mot du gars qui n’articule pas, parle trop vite et évite soigneusement d’utiliser des mots simples, merci Maude pour la traduction.
Et là c’est l’interrogatoire, d’abord de Maude, pourquoi elle vient, pourquoi elle est restée 6 mois, pourquoi elle est partie, et ça n’en finit pas. Nous on a peur de faire la boulette de dire qu’on travaille pour l’instant dans une ferme, sachant que c’est interdit par paranoïa de transmission de maladie. Ils sont fous ces américains, on ne peut même pas passer la frontière avec des oranges produites chez eux. Après c’est à notre tour, après quelques questions, le gars voit bien qu’on est juste des pauvres touristes. On retient notre souffle …
Ok, c’est bon, on peut passer, ouf 🙂 et la voiture n’a même pas été fouillée pendant ce temps là.
La route passe dans des paysages magnifiques et on arrive après 1h de route. La neige est encore bien présente, c’est vraiment beau. On monte rapidement en altitude où les paysages changent. On commence par une forêt de feuillus, puis des sapins, puis des sommets aux roches lisses et particulièrement glissantes recouvertes de neige, puis une belle forêt de sapins. La météo n’est pas vraiment avec nous, même si on a commencé sous le soleil, ça se couvre et la neige commence à tomber, légèrement d’abord, puis sérieusement, c’est magnifique, on marche pour se garder au chaud. On se rend compte qu’on ne va pas arriver au bout de notre tour dans les temps, avec en plus la météo qui se dégrade. On prend la sage décision de faire demi tour. On repasse par des paysages magnifiques, et on se promet de revenir …
On passe la fin de journée dans une petite ville, pas loin de la frontière. Et on va manger dans un resto Texan, tout est cliché au possible, la bâtisse, la déco, le resto, le personnel. Louis-Philippe et Jeremy ont été fan de la quantité hallucinante de peanuts à volonté, qu’on décortique et jette par terre, le sol est recouvert de coquilles de peanuts. On ne comprend pas grand chose au menu, on demande à la serveuse, on ne comprend toujours pas plus 😉 on commande un peu à l’aveuglette. C’est bon, mais c’est gras. Jeremy aura goûté des patates douces au marshmalow et caramel servi avec son steak, il n’était pas fan 😉
En route pour le retour au Canada avec une frontière super sympa. Maude et Louis-Philippe sont contents de retourner à la maison et de se sentir chez eux au Canada.
Osti d’américains !
Des chevaux, en veux-tu, en voilà
04/04/2013
Avec 25 cheveux à disposition, on ne pouvait qu’être impatient de monter à cheval 🙂
Tout d’abord premier défi, reconnaître les chevaux, ce qui n’est pas mince affaire. Après qu’on nous ait dit quels chevaux on pouvait prendre parce qu’ils sont « braves », c’est la recherche de signes distinctifs. Facile nous dit-on, ils ont tous un chiffre tatoué sur l’encolure, cool 🙂 Mais bon, avec le pelage d’hiver, on s’est bien vite rendu compte qu’on pouvait oublier cette histoire de numéro. On va donc en revenir à la robe du cheval, balzanes et autres signes. Heureusement que Céline est avec nous pour nous aiguiller. Bon, on pense avoir les bons chevaux. Nous voilà donc dans le pré avec chacun notre bridon à la main, et ça y est, on arrive à les chopper. Comme on ne leur a rien demandé et qu’il n’ont pas été monté depuis plus de 6 mois, ils ne sont pas super convaincus et Jeremy non plus 😉 Direction la sellerie, ou une couverture pliée fera l’affaire comme tapis de selle, brossés très grossièrement et c’est parti 🙂
Notre terrain se jeu, c’est une partie de la prairie des lamas, alpaga, vache et ânes. Un lama trouvant peut-être chez nos chevaux des nouveaux compagnons de jeu, il courait à côté de nous, tout fou de voir des nouveaux copains. Ce qui n’était pas forcément à notre avantage, parce que nos chevaux en plus d’être nerveux à cause du printemps et de la première sortie, l’étaient aussi par le lama. Mais bon, jusque là tout va bien. Céline nous propose de changer de cheval, pour tester ceux des autres, ok, pourquoi pas. Et bien Jeremy vous dira « pourquoi PAS » 😉 Effectivement, quand il veut monter sur celui de Céline, le cheval lui fait une succession impressionnante de ruades jusqu’à la chute inévitable de Jeremy. On en a d’ailleurs une jolie photo 😉 Rien de cassé, ouf 🙂 Après l’avoir rattraper, on rechange de chevaux. Pas si facile de monter des chevaux qui ne l’on pas été de puis plus de 6 mois.
Ça c’était pour la première expérience, mitigée. Pour la deuxième fois, on monte avec une ancienne stagiaire. En selle depuis 5 min elle tombe, le cheval surexcité qui fait des aller-retour au galop. Nos chevaux qui deviennent aussi surexcités à sautiller sur place, faire des pas de coté, reculer. Jeremy descend de cheval dès qu’il arrive à plus ou moins le calmer. Quant à moi,j’essaye de le calmer en étant dessus, le maintenir, bon, ça fait un peu rodéo, mais j’arrive à le calmer et rester dessus. Bon, pas super cool non plus comme expérience 🙁
Quelques jours plus tard, Jeremy préfère passer son tour et il est parti en mission avec Nicolas enterrer un moutons et un cochon mort cet hiver. Je part donc juste avec Céline. On prend d’autres chevaux et on décide d’aller rejoindre nos chums dans le bois au fond de la propriété. Après le passage d’une très ancienne route ou il ne reste que quelques pierres et une rangée d’arbres, nos chevaux déjà un peu nerveux à l’idée de passer, je suis Céline qui a fini par réussir à pousser son cheval. V’là que le mien a du se dire qu’il avait très envie de rentrer. Virement de bord à gauche toute, passage sous des branches ou je m’abaisse in extremis et bonjour le retour au grand galop ! Je perd l’équilibre en avant au moment de la grosse accélération, bam par terre ! Et comme si ça ne suffisait pas, le pied gauche qui reste coincé dans l’étrier et là c’est parti pour traîner et rouler sous le cheval pendant près de 10 m me dit-on. Je fini par décoincer mon pied après être passée sous un des sabots du cheval, houch que ça fait mal ! 🙁 Jeremy court à ma rescousse, je suis sous le choc, mais rien de cassé, solide la p’tite Julie 😉 Je me relève et marche péniblement jusqu’à mon cheval qui s’est arrêté devant la clôture. Et dans ma tête résonne une phrase que j’ai déjà entendue mainte fois « quand on tombe de cheval, il faut remonter tout de suite », je ne sais pas qui a dit ça, mais il n’a jamais du se prendre une telle gamelle ! Je décide quand même de tenter le coup avec l’aide de Jeremy et Céline. Après 3 secondes, un bruit qui surprend le cheval qui fait un écart et 3 pas de galop. Ok, c’en est trop, cette fois je descend !
Comme personne ne comprend pourquoi les chevaux si calmes l’été avec les enfants sont si excités, on décide de longer Zoé. Zoé, j’ai « flashé » dessus la première fois que je l’ai vue dans le troupeau, une jeune jument qui va avoir 3 ans. Malheureusement, elle n’est pas à monter, elle a éjecter les quelques personnes qui ont tentés l’été passé, et depuis plus rien, il y a du boulot ! On entend dire aussi qu’il y a trop de chevaux et qu’il faudrait se séparer de ceux qui ne seraient pas propice aux balades, peut-être au repas au prochain hiver 🙁 Je me sens l’âme de sauveuse de cette magnifique jument. Au boulot …
Acériculteur
27/03/2013
Voilà que Lucie s’est lancée dans l’aventure du sirop d’érable ! C’est une première pour elle et pour nous aussi 🙂 Elle a entaillé quelques arbres et va tous les jours récolter son eau d’érable, aujourd’hui, on l’accompagne 🙂
Nous voilà donc parti avec notre luge en plastique, ne se doutant pas qu’on aurait une telle quantité à ramener.
On traverse une prairie, passe une vieille route dont il reste quelques pierres à peine visible, puis une deuxième prairie, et au fond, quelques arbres, dont des érables. On découvre vite des chaudières ça et là. Les 5 chaudières ou sceaux sont presque complètement remplis en moins de 24 heures ! Avant d’en vider le contenu dans un grand bidon, d’où la luge pour transporter le bidon plein, on goûte à l’eau d’érable. Aussi liquide que de l’eau, mais avec un petit goût sucré, pas mauvais, mais une gorgée nous suffit 🙂
Pour la petite anecdote, Julie a été malade, coulée au lit à vomir ses tripes, les deux jours suivant. Alors si on vous propose de goûter de l’eau d’érable, pensez-y à deux fois 😉 Moi en tout cas, on ne m’y reprendra pas !
Mais l’eau d’érable, c’est bien, mais on a toujours pas de sirop avec tout ça … Alors c’est parti pour la cuisson, une longue, longue cuisson. On apprend que pour faire du sirop d’érable, il faut le faire chauffer à la température de 219° F, ça c’est de la précision 😉 et ça pendant près de … un bon paquet d’heures ! On départ on avait à peu près 13 litres, et à l’arrivée … 33 cl ! Le ratio est de 40:1, et tout le reste c’est évaporé dans la maison, on aurait pu presque lécher les murs 😉 Il faut être motivé pour avoir du sirop d’érable. Alors, à voir, l’immense quantité de sirop d’érable que consomme un canadien, ça fait pas mal de litres d’eau d’érable. On peut comprendre que ce soit devenu une vraie production industrielle.
Mais bon, Jeremy a goûté le premier sirop de la ferme d’André, et ça ne goûte pas le sirop d’érable du commerce mais c’est vraiment bon 🙂
J&J à la ferme
25/03/2013
Voilà nous y sommes ! Les 15 jours de paperasses sont derrière nous et l’on se dirige vers la ferme d’André ou une autre aventure nous attend …
La ferme d’André est située à Ormstown dans une région qui est resté figée dans le passé. Les maisons en bois nous emmènent dans les films de rednec jouant du Earl Scruggs sur leur rocking chair avec le vieux winchester en attende d’un « qui va la étranger ? ». Mais le temps est « jadis »et les rocking chair sont remplacées par des buts de hochey et Earl Scruggs par Wayne Gretzky ce qui ne change rien à la sympathie des gens et à la beauté des villages.
Pour aller à la ferme d’André, imaginer une route droite à perte de vue quittant Ormsown ou des maisons de plus en plus espacées pousse au bord des champs pour ensuite prendre après 3km une route à gauche pendant 5km ou les voisins se compte sur les doigts de la main. Pour rentrer dans la propriété, un chemin ou on aperçoit à 100m une fermette achetée par un ancien professeur en 69 dans le but d’élever les enfants dans la confiance, la liberté, à travers la découverte dans un terrain de 100 acres (40 hec). Ce n’est donc pas une ferme ordinaire, tout au long de l’année elle accueille des enfants, pour une journée, une semaine ou plus si affinités, ce qui semble être souvent le cas 😉 Ici il y a tout ce qu’il faut, des prés, une étable, une coure, un potager, un tipi, une grande maison, une grande à foin, une grange théâtre, un atelier mamuse, une grange à tarzan, une piscine, une marre aux canards, un lapinodrome et le tout hyper coloré 🙂
Dans cette ferme incongrue beaucoup de monde cohabite. Il y a d’abord Lucie, la coordinatrice et excellente cuisto aux bras grands ouverts, Nicolas et Céline et leurs enfants Cristobal 1,5 ans et Célia 5 ans. Nicolas est français, importé par ses parents en 1978, bien canadien dans l’âme. Céline est canadienne, et humoristico-véto. Et le mythique André qu’on a pas encore eu la chance de rencontrer parce que ce veinard passe les 6 mois d’hiver au Mexique, mais on nous en a déjà beaucoup dit sur lui. Mais ici, il y a bien plus d’animaux que d’hommes, à commencer par les 25 chevaux, 2 ânes, 1 alpaga, 2 lamas, une vache et son veau, 5 chiens, 1 perroquet, 2 belges 😉 10 chats, 2 lapins et 2 lapereaux, 2 paons, 1 signe noir, 1 dindon, 10 poules, 1 bélier, 1 bouc, 2 chèvres mohairs et 2 petits, 4 chèvres et un chevreau, 3 moutons et 6 agneaux black sheep. Et nous, notre boulot, c’est de s’occuper de tout ce petit monde 🙂
On a trouvé ce job via Work Away, on est nourri et logé en échange de 5 heures par jours par personne 5 jours par semaine. On s’occupe donc de sortir, nourrir et nettoyer l’habitat de toutes ces petites, et moins petites, bêtes, ce qui nous plaît beaucoup 🙂 Ici, on appelle ça « le train », se lever à 6h du mat’ pour le premier train, et le deuxième est vers 17h. Et nos temps libre sont partagés entre la vaisselle, jouer de la musique, être sur le PC et d’autres choses que vous découvrirez dans les prochains articles …