Retour à la liberté
15-16/10/2013
Retour à la liberté … pour nous, mais pas seulement.
Retour à la liberté, c’est l’introduction de la fin de l’article, donc comme on est au début, on vous en parlera à la fin.
Donc pour commencer par le début, on a été délocalisé du Lake Louise vers le Brewster’s Golf Course Ranch de Kananaskis à 100 km, mais quelle idée ?!
Alors pour moi je passe de guide de cheval à peintre dans un ranch-golf-resort. Et pour Jeremy ça change pas grand chose, sauf qu’il fait des travaux plus sympas et construit des enseignes en bois et se spécialise en réparation et remplacement de portes 😉
Bien, plus près de Canmore, moins bien la nourriture coute beaucoup plus cher, bien studio plus grand, moins bien fini le resto, bien plus de temps libre, moins bien trop fatigué pour en profiter, bien un four pour faire des quiches et des gâteaux, moins bien plus de chevaux, bien on est plus indépendant, moins bien je vois plus personne à part Janette qui me dit de repeindre les toilettes, bien Jeremy n’est plus tout seul, moins bien, les collègues sont pas cool, bien on a fini dans 3 semaines, moins bien on était mieux avant, bref on repart bientôt sur la route.
Un jour on était censé être off, mais le Boss nous a proposé de bosser. Au début on a fait mouais, parce qu’on dit pas au Boss qu’on bosse pas, et comme à son habitude, il n’explique rien. Tout ce qu’on sait c’est que l’on emmène 45 chevaux quelque part, que ça prend 2 jours et qu’il faut prendre nos sacs de couchage.
Jeremy appréhende un peu la journée parce qu’il est malade en voiture et qu’il n’a plus de médocs.
Rdv au ranch à 9h pour embarquer 2 chevaux (Spur, mon cheval guide et Little Grey que j’ai prit pour aller grimper) dans un trailer de 17, énorme ! Bon, comme c’est le Boss qui mène, on ne sait pas ou on va, ou on est, mais c’est beau. On croise des propriétés de 1,5 km de long sur 10 km de large, énorme ! Direction endroit A prendre des blocs de sel, direction endroit B pour prendre un groupe électrogène, direction endroit C pour laisser Spur et Little Grey et en prendre 14 autres pour aller à un ranch D ou on sort tous les chevaux et on les attache à l’extérieur du trailer. Et c’est là qu’on voit arriver 15 chevaux au grand galop encadré de 2 collègues. Le Boss me regarde et me dit » t’as vu lui comment il galope, et bien tu devras galoper plus vite que ça » (après 2 mois de boulot avec lui, il a comprit qu’il devait faire des efforts quand il nous parlait pour qu’on comprenne 😉 Alors là ma tête elle change un peu parce que je vois pas comment galoper plus vite.
On ne sait toujours pas ce qu’il se passe, on selle certain chevaux, les autres restent attachés, on en met d’autres dans un enclos, on mange à l’arrière d’un 4×4. Pendant le lunch je comprend que je vais devoir monter à cheval et Jeremy se demande ce qu’il fait là puisqu’il n’a pas de cheval. Ca commence à s’activer, on est une dizaine à monter sur nos chevaux.
Un cowboy devant, un milieu et les autres plus ou moins derrière. Le Boss libère les chevaux qui étaient dans l’enclos et ceux qui étaient attachés au trailer, on se retrouve avec 45 chevaux en liberté, et là c’est parti ! En route vers la liberté … On est go pour 2h30 de grand galop dans les plaines, les forets, slalomer entre les arbres, passer à flanc de collines, traverser des rivières et profonds marais, des montées et descentes raides, des sauts de troncs d’arbre et de ruisseaux, tout en gardant la harde rassemblée, pour finir dans un enclos dans une plaine au bord d’une rivière avec des lodges en bois. La meilleure ride que j’ai jamais eu, ÉNORME ! Et Jeremy qui arrive en 4×4 par un autre chemin quelques minutes après nous.
L’endroit dans lequel on vient d’arriver appartient à la Brewster’s Family depuis le début, c’est d’ailleurs leur grand-père qui a tout construit à la main et le Boss qui a construit à la main les lodges. L’endroit est magnifique, calme, une grande plaine, une rivière et les montagnes au loin, bien que pas si loin que ça. Il y a une grange, une petite étable, une petite maison sans eau courante ni électricité, une dizaine de lodges et un plus grand. Avec au début du terrain une cinquantaine de bouleaux de 20 cm de diamètre, qui ont été emportés par les castors, costauds les castors 😉
On déselle nos chevaux et je vois qu’on sépare certains chevaux pour les mettre dans un enclos beaucoup plus petit. Je ne comprend pas trop les critères de sélection, on me dit que ce sont les nouveaux chevaux qui ne sont pas encore marqués de la marque Brewster.
Alors comme on est chez les cowboys, on s’approprie les chevaux à la manière cowboy, et on apprend que la loi veut que les chevaux soit marqués au fer rouge pour prouver leur appartenance à un propriétaire. Il y a donc une quinzaine de chevaux à marquer. Pour la méthode employée, les photos parlent d’elle-même. Quant à nos sentiments par rapport à ça, c’est une autre histoire. Avec notre pensée d’européens de plus en plus anthropomorphique et protectrice, on était un peu choqué. On leur explique que pour nous c’est une manière barbare, qu’on comprend la nécessité de les marquer, mais qu’il y a d’autres moyens plus soft. Ils nous expliquent leur point de vue, les chevaux sont là pour travailler, tout ce qu’on leur demande, c’est de travailler les mois d’été et après ils sont 7 mois en liberté. Et le marquage, c’est moins d’une minute de brulure et que 5 jours de guérison dans toute la vie du cheval. Alors vu sous cet angle, on peut comprendre, mais il reste qu’on est pas d’accord sur la technique utilisée, mais la discussion était intéressante et apportait un nouveau point de vue.
On prend tous les chevaux un par un, ce qui n’est pas une mince affaire, ils sont tout excités par leur aventure, on leur donne un médocs, je n’ai toujours pas compris ce que c’était, et Jeremy apprend a les déferrer ! Ce que Jeremy peut en dire à la première impression : la technique est simple, tu mes la pince là et tu tord, jusque là ça va, mais ce qui n’est pas facile, c’est la force qu’il faut mettre pour déclouer ce fer. Les chevaux sont libres de gambader à la recherche de nourriture durant tout l’hiver. A l’époque, il fallait 2-3 jours pour les retrouver, maintenant, un hélicoptère est plus efficace, il dépose quelques selles, on attrape quelques chevaux et on rentre avec la harde (mais non Jeremy, pas en hélicoptère, à cheval).
Maintenant que le travail est fini, place aux loisirs des cowboys, le seul truc qu’il n’y a plus par rapport à l’époque de Lucky Luke, c’est le casino et les Daltons, mais il nous reste toujours les flingues et le saloon 😉 Alors comme on est avec des cowboys huppés qui font du golf. Il y a un gars qui swing une balle de golf, et un autre avec un flingue à pompe qui essaye de la dégommer en plein vol. Moi, perso, les armes c’est pas mon truc, par contre Jeremy, forcément, tout ce qui pète, il faut qu’il y touche, et il n’est pas mauvais, il a bluffer quelques cowboys. Mais il s’est aussi un peu fait avoir, un flingue à pompe ça a du recul, et quand ils lui ont mit des cartouches de gros calibre, ça lui a démonté l’épaule, il ne savait plus lever son bras. Ça a bien fait rire les cowboys. On est désolé, on a pas de photos à vous montrer, le Boss ne voulait pas de preuves compromettantes de leur cowboys’party 😉
Et dans Lucky Luke, il y a forcément des saloons, alors il y a en a un qui s’improvise ce soir là. Pas de danseuses de french-cancan, mais 2 amis du Boss qui nous jouent quelques airs de country. La soirée s’arrose de bière et d’un concours de celui qui a, non pas le plus gros flingue, mais le plus gros couteau ! On se demande ce qu’ils font avec des couteaux pareils. Et Jeremy a perdu, son couteau ne reste même pas planté dans la table, ce qui fait bien rire le Boss 🙂 A part cette situation atypique et qu’on a stéréotypé, l’ambiance est plutôt sympa et les discutions intéressantes, pourquoi en Europe construire des maisons en pierres, alors que en bois c’est tellement mieux ? Le Boss fait aussi un spitch pour remercier chacun de nous et nous surnomme »surprise » 😉 Petite explication peut-être ? En bref, je suis venue à l’entretien d’embauche et Jeremy était resté dans la voiture, ça faisait genre, on envoie la belle d’abord et le barbu après 😉 et pas mal d’autres raisons.
Alors maintenant comment vous raconter qu’on va dormir et qu’on se réveille dans un endroit aussi magique, la nature à perte de vue, les chevaux au loin, une petite neige tombée durant la nuit, une petite cabane, pas une route, pas un fil électrique, un silence serein. C’est tout à fait ce qu’on a mit sur notre présentation de notre blog, et qu’on a trouvé ici, on a qu’une envie, ne plus quitter cet endroit, mais notre route est longue et d’autres horizons nous attendent encore …
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