Perhaps not just another moment of life

Yellowstone

30/07-03/08/13

Après 10 passages de frontières, une petite ville Red Lodge et une route de montagne magnifique mais qui grimpe limite trop sec pour notre camper, nous arrivons enfin dans cet endroit dont on a tant entendu parler mais dont on ne sait rien.
Effectivement, on ne sait absolument pas comment le parc fonctionne, même après être passé à l’accueil. Impossible de savoir ce qu’il y a à voir, quels sont les trails, si on peut dormir en camper, en tente, dans un camping ou non (quasi tous full d’ailleurs).
Mais après avoir payé l’entrée pour une semaine, on compte bien en profiter, dommage que Valentin soit pressé d’arriver en BC (Colombie Britannique), parce que nous on aurait bien pris notre temps, et notre camper était aussi de notre avis 😉

On avance un peu à tâtons dans le parc et tout ce qu’on voit, ce sont des dizaines de super mobilhomes gigantesques, avec des centaines, des milliers de touristes, et une autoroute qui traverse le parc. Puis, d’un coup, on a vu un BISON ! On est tout fous ! On sort de la voiture, on joue les touristes paparazzis, quand on détourne enfin le regard, on voit une horde de bisons, avec une horde de touristes qui les regardent. Il sont trop loin à notre gout, alors on décide de se rapprocher un peu, prudemment, parce que quand même, ça a de la gueule, c’est gros, tout poilu et ça a des grandes cornes ! Plus tard on se rendra compte qu’il est normal de voir des bisons ici parce que c’est leur milieu naturel de vie.

On finit par se résigner à aller au Visitor centre pour avoir des infos sur le parking, le camping, les trails, les trucs à voir. Alors on va voir le gars au comptoir, on lui demande des infos, ok, on revient lui demander des précisions, ok, on revient demander une carte, ok, on réfléchit, on revient se renseigner sur autre chose, ok, on change de plan, on revient encore, ok, Julie en a marre, va faire un tour, on ne la retrouve plus, on a trouvé un autre plan, on a retrouvé Julie, on lui explique notre plan, on se dit qu’on a tout, sauf une carte, on revient avec notre plan en tête, ok, on revient parce qu’on sait pas quoi faire, l’alternateur du van a lâché et on est bloqué sur place, on en a pour 2 jours à attendre, tous nos plans tombent à l’eau, bref, on est revenu au point de départ.

Le plan N’ c’est d’aller marcher 2 jours pour arriver au mont Washburn. Après avoir vu une vidéo de prévention contre les ours, dignes consignes des hôtesses de l’air, nous voilà partis.
En route d’abord pour un canyon, pas le grand du Nevada, mais grand quand même ! Il y a une chute, grande, pas autant que celles du Niagara, mais quand même, il y a un gouffre, l’impression que la terre s’est ouverte presque sous nos pieds, un vide abrupt de 330 m, c’est impressionnant ! Notre chemin s’éloigne des sentiers touristiques et des paparazzis, pour longer le canyon vers une nature toujours plus belle et de moins en moins fréquentée.
Après avoir quitté le canyon, le sentier se rétrécit, on passe par de magnifiques forêts, des clairières aux couleurs vert flash où on s’imaginait apercevoir un ours, on a guetté tout au long du chemin, en vain malheureusement.
Nos sacs à dos pesant quand même pas mal, on n’est pas mécontents de trouver notre campement pour la nuit, dans une petite forêt, à côté d’une clairière, avec une rivière pas loin. Un endroit où poser les tentes, à 40 m un endroit pour faire un feu et à manger, et à 50 m un endroit où suspendre notre bouffe, pour qu’elle ne devienne pas celle des ours, pour les besoins élémentaires, c’est à plus de 30 m du campement et enterré à 30 cm.
C’est incroyable de se savoir en pleine nature, ici on sent bien qu’on est parmi elle, plantes et animaux surtout, au milieu de la nature comme on l’a toujours rêvé. Ca change pas mal nos perceptions car il faut en permanence composer avec elle.
Après avoir monté les tentes, opération bouffe, parce qu’on a faim ! Au menu gastronomique de ce soir, un délicieux mélange de quinoa et boulgour et un ragoût irlandais, pas très ragoûtant ceci dit. Mais bon, on a faim, alors ça se mange.
Ensuite, c’est opération eau. Aller à la rivière, remplir la casserole, faire bouillir sur le feu, faire refroidir dans la rivière, mettre dans les gourdes et on recommence l’opération 3 fois pour remplir toutes nos réserves d’eau pour demain. Pendant ce temps-là d’autres s’essayent à la slackline, et après on s’étonne que les sacs soient lourds 😉 On va ensuite suspendre nos sacs et en route pour une bonne nuit de sommeil…
Julie est la première à se lever et aller guetter le sol à l’affut de traces de pattes d’ours autour du feu et de nos sacs toujours suspendus. On émerge tous les 3 pour un bon petit déjeuner de tartines au choco 🙂
Et c’est parti pour une bonne journée de marche où on sait que ça va monter sec ! Et effectivement, les canadiens ne font pas dans la dentelle, quand il faut monter, ça monte tout droit, et bam dans les jambes ! Le paysage est magnifique, dommage qu’il faille regarder ses pieds sinon c’est retour en bas plus vite que prévu.
Après quelques heures, à 100 m du sommet, on rejoint le chemin touristique, quelle horreur, presque une autoroute, on regrette bien vite notre petit sentier.
On profite quand même de la magnifique vue, on est sur le plus haut sommet de la périphérie centrale où l’on peut apercevoir le centre de Yellowstone, c’est un plateau qui est en fait une ancienne caldeira. Impresionamment grand ! Et comme il fait sec aux US on a une visibilité à 121 km.
Magnifique ! Une bonne descente azimut et un pouce plus tard, quand on revient, on a la bonne surprise de notre alternateur tout neuf et un camper qui roule.

Direction maintenant la vallée des geysers ! Bon, ok un geyser c’est une flaque d’eau qui crache et qui pue le souffre ou l’œuf pourri. Mais sur les 50 km de flaques on a vite changé d’avis ; il y en a de toutes les formes, de toutes les couleurs, de toutes les textures, avec un équilibre calorifique et une structure extrêmement mince. Ca pouvait aller du paysage lunaire, aux plages paradisiaques, aux colonnes de roche dont on a oublié le nom, ou crachant de la vapeur sous pression faisant un bruit d’avion, ou d’autres qui nous tenaient en haleine car crachant par intervalle de 1h à 14h, en espérant être au bon endroit au bon moment.
On s’est rendu compte de cet équilibre car il y en avait un qui crachait à 25m ne faisait plus qu’un tout petit crachat à cause de la chambre de pression obstruée par les cailloux jetés dedans. Et un autre dont les couleurs se tarissaient, dû au refroidissement, dû aussi aux cailloux qui empêchent l’eau chaude de monter. Il est vraiment beau d’observer toutes ces couleurs qui correspondent à des bactéries vivant à des températures différentes.
Pour tous les voir exploser, il aurait fallu passer 3 jours avec une organisation et un timing chronométré. Le seul qu’on a eu la chance de voir, c’est le Old Faithful qui crache toutes les 2h à 40m de haut ! Avec full people on se sent aussi des touristes. Et on se rend compte que tout ce qui est beau est exploité et touristique.

On finit notre visite de Yellowstone par un bon bain bien chaud ! Oui, une source chaude se déverse dans une rivière, il y a des petits bassins aménagés où il fait bon de s’allonger et de profiter.

Car nous aussi on vient voir ce qui est beau, donc aussi touristique, on est donc voués à se trouver tous dans les lieux touristiques. Il ne nous reste plus qu’à nous éloigner des sentiers battus et à découvrir la beauté naturelle et sauvage qui est aussi en équilibre précaire.

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